One Year Of Adventures https://oneyearofadventures.com Sortons de notre zone de confort Tue, 17 Nov 2020 21:46:20 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.1.42 La Thaïlande en relai : équipe 3 https://oneyearofadventures.com/cycling-south/la-thailande-en-relai-equipe-3/ https://oneyearofadventures.com/cycling-south/la-thailande-en-relai-equipe-3/#comments Mon, 16 Jan 2017 09:18:22 +0000 http://oneyearofadventures.com/?p=3426 Notre année sur les routes arrive à sa fin. Nous attaquons le dernier tronçon de vélo avec la troisième équipe relai qui est constituée de ma soeur Agathe et de son copain Denis. Ils terminent les 6 semaines de relai-vélo pendant lesquels nous avons eu avec nous, mes parents (La Thaïlande en relai : équipe...

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Notre année sur les routes arrive à sa fin. Nous attaquons le dernier tronçon de vélo avec la troisième équipe relai qui est constituée de ma soeur Agathe et de son copain Denis. Ils terminent les 6 semaines de relai-vélo pendant lesquels nous avons eu avec nous, mes parents (La Thaïlande en relai : équipe 1) et les parents de Lilian et sa soeur (La Thaïlande en relai : équipe 2).

Fuir Phuket !

L’équipe 2 est dans l’avion et nous embarquons avec l’équipe 3 sur un bateau navette pour aller à Krabi dans l’espoir de retrouver le calme de la campagne que nous aimons tant. Notre passage furtif sur la plage de Patong où l’on y trouve toutes les facettes du tourisme de masse nous a vacciné pour un moment contre les lieux « trop » touristiques. Nous préférons nous glisser dans les campagnes par les routes peu passantes et y découvrir le pays de l’intérieur.

Billets en main, un homme nous colle un sticker de couleur sur le torse. Nous sommes devant 4 bateaux les uns à côté des autres, les premiers jouent le rôle de passerelle pour joindre les derniers. L’homme à l’entrée de la passerelle me montre trois doigts et me dit « First » (premier)… Il n’est pas inhabituel qu’ils confondent les chiffres. Afin qu’il confirme si nous devons nous arrêter sur le premier bateau ou s’il faut que nous allions sur le troisième, je lui montre à mon tour trois doigts. Il me fait un grand sourire. Allons sur le troisième bateau !

Nous sommes dans les premiers à monter à bord. Nous faisons des aller-retours entre le quai et notre navette pour y embarquer vélos, carriole et enfants. Une fois les vélos attachés au garde-corps du bateau ce sont des centaines de valises et sacs à dos qui s’empilent sur le ponton. Nous installons les filles dans la cabine pour qu’elles soient à l’abri du soleil et au frais de la climatisation. Dès que le bateau part, les piles de sacs qui encadrent la porte de la cabine s’affaissent. La porte ne peut plus être ouverte. Qu’à cela ne tienne, ceux qui voulaient rentrer restent dehors et ceux qui sont dedans restent dedans… on imagine très mal une situation d’urgence… mais la traversée se fait tranquillement.

Je suis épuisée des quelques jours passés à Phuket. Je dors pendant la traversée et rate (certainement) de très beaux paysages. Ceci ne fait que confirmer que lorsqu’on est en voyage on ne peut pas tout voir. Il est possible de passer à côté du plus beau temple ou de la plus belle plage, etc… pour nous le voyage consiste à profiter du temps que nous avons et il n’est pas infini. Je préfère faire une sieste quand je le peux pour être plus en forme dans la journée quand il « faudra » être opérationnelle.

Quand j’ouvre les yeux, nous sommes à quelques minutes d’arriver à AO NANG. L’eau est bleu turquoise, la plage est déserte et le sable (semble) propre. Les cocotiers en arrière-plan terminent majestueusement la carte postale. Tout autour de nous se trouvent des dizaines d’îles recouvertes de végétation qui laissent deviner des rochers noirs. Je n’en reviens pas de la beauté des lieux ! Ces paysages sont une vraie bouffée d’air frais.

La logistique pour descendre du bateau me ramène à la réalité. Il faut descendre les vélos en premier pour que les tas de sacs puissent être démolis par les propriétaires bien trop stressés et qui n’hésitent pas à tirer sur leur valise qui se trouve sous 5 autres sacs… Le ponton est rapidement une zone de chaos. Je ramène un vélo à quai puis retourne à contre-courant sur le bateau pour en ramener un autre. Les filles sont toujours dans la cabine avec Agathe et attendent que la porte puisse s’ouvrir… Après quelques aller-retours un peu sportifs nous voilà tous à quai et trempés de sueur.

À la vue de la plage désertique, les filles sautent de joie à l’idée d’aller se baigner. Nous déposons nos affaires dans la première auberge conseillée par notre guide (seul livre que nous avons avec nous) puis direction la plage. Le soleil est à son point le plus haut, nous nous couvrons un maximum pour ne pas nous faire manger par le soleil et sautons tous à l’eau… qui n’est pas du tout rafraichissante. Compte tenu de notre état de fatigue, de la beauté des lieux et du temps que nous avons devant nous, nous décidons de prendre un jour de plus dans cet environnement paradisiaque avant d’entamer les derniers jours de vélos de cette grande aventure.

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Krabi

Le bateau nous a laissés à 17km au nord de la ville de Krabi. Notre première journée de vélo, avec Agathe et Denis, nous amène au centre-ville de Krabi pour notamment profiter du night-market, activité typique de la Thaïlande. La matinée passe vite, nous les ménageons avec cette petite journée de vélo. Arrivés en ville nous nous retrouvons sur la place où a lieu le marché de nuit. Nous apercevons un hôtel dans lequel Lilian s’empresse de rentrer pour demander s’il y a de la place pour nous. Nous n’avons jamais eu de problème sur ce point, il s’agit plutôt de valider la propreté des lieux et l’honnêteté du prix demandé. La grande chambre familiale avec un grand lit de 2m de large et un lit une place de 120 cm est parfaite, nous dormirons tous les 6 côtes à côtes. L’hébergement a toujours sa part d’aventures sinon ce n’est pas drôle.

Le repas a aussi sa part de surprise. Un petit restaurant végétarien nous tend les bras. Nos invités, étant végétariens, sont enchantés. La dame nous regarde entrer avec malice et nous annonce que la plupart des plats sont épicés. Nous commandons des plats dits « non piquants », mais décidément nous n’avons pas tous les mêmes critères. Nous passons à nouveau commande d’un bol de soupe ou de riz pour faire passer les piments.

Avec l’après-midi devant nous nous montons dans un taxi pour aller au Temple « Tiger Cave ». Le chauffeur nous laisse 1h30 pour visiter le temple, le temps qu’il aille manger. Il y a des temples, ou disons plutôt des lieux de culte, au pied d’une paroi végétale. Le clou du spectacle est en haut du rocher qui est devant nous. Pour y accéder, il faut monter 1267 marches sous une chaleur humide de 35°C. Les filles sont préparées mentalement à monter au sommet, les gourdes sont remplies, les shorts sont remontés et c’est parti. On se raconte des histoires, on compte les marches dans l’ordre croissant puis décroissant, on fait des pauses, on boit de l’eau, on chante des chansons… tous les moyens sont bons pour rester motivés… ils ont eu la bonne idée d’inscrire le nombre de marches restantes assez régulièrement, cela permet de garder le cap. C’est raide, de plus en plus raide. Les filles sont à quatre pattes pour grimper les dernières marches.

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Une fois en haut, une fontaine d’eau potable nous attend. Comme quoi la récompense qui m’a le plus touchée n’est pas la vue, mais le fait d’avoir de l’eau… nous enlevons nos chaussures et le panorama qui s’offre à nous est magnifique. Nous sommes certainement à 300m de haut et à quelques kilomètres seulement du bord de mer. La vue est impressionnante. Les iles au large sont similaires aux rochers qui se dressent sur la terre. De vrais champignons rocheux couverts de cette végétation qui s’emmêle. Tout est tellement vert, c’est époustouflant. Ça donne du baume au coeur. Le béton de Phuket est effacé de notre mémoire.

C’est un peu la course dans la descente pour arriver à l’heure du rendez-vous fixé avec notre chauffeur de taxi. Les filles mesurent la chance que nous avons de rarement être contraint par les horaires : « J’aime pas quand on est chronométré Maman ! ».

Le marché de nuit nous offre tout ce qu’il y a de plus typique : le monde, les odeurs, le bruit, les animations… Manger sur les étals est un vrai plaisir. Les filles commencent à s’y connaitre et savent quoi chercher : le stand de maki, le stand de gaufre, le stand de riz gluant avec ou sans mangue sans oublier les pommes dauphines à la patate douce. Retour dans notre chambre pour entamer une nuit tous les 6 en chien de fusil.

C’est parti !

11 décembre 2016, nous remontons vers le Nord pour rejoindre dans quelques jours Surat Thani d’où nous reprendrons le train pour Bangkok. Je commence toujours la journée en tirant la carriole, je préfère tracter les 100 kg de chargement et d’enfants avec toute l’énergie que le petit déjeuner m’a apportée.

La sortie de la ville de Krabi est une bonne mise en situation pour notre équipe. Nos mots d’ordre sont : rester groupés et bien alignés.

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Cela fait 11 mois que je ne compte plus sur mon déodorant pour assurer ma fraicheur corporelle. Son efficacité se limite à quelques heures :  il fait bien trop humide, je transpire bien trop… à quoi bon s’acharner? Mieux vaut se rendre à l’évidence ce stick est inutile (ce qui n’empêche pas que je ne me sois pas résolue à m’en débarrasser… il a fait le tour du monde avec nous). Bref, je sais que vers 9h47 je commence à sentir ma transpiration. Non ce n’est pas dégoutant, c’est juste comme ça. Et il faut avouer que l’on s’y habitue et que l’on finit pas ne plus se sentir… bon les autres peut-être, mais tant qu’on est sur les vélos cela ne pose pas trop de problèmes sociaux. Et là, ce matin, arrive à mes narines une odeur agréable, une odeur fruitée. Je suis juste derrière Agathe et je lui fais la remarque : « Wow c’est agréable ça sent super bon par ici ». Elle ne me répond pas, elle n’a peut-être pas entendu. Et puis nous passons au milieu de plantation d’hévéas. Les hévéas sont les arbres qui produisent le latex, liquide récolté dans des petits bols placés à l’extrémité d’une saignée faite sur le tronc. Une fois sec ce liquide dégage une odeur des plus désagréables. Elle donne l’impression que l’on se balade au milieu d’une décharge. L’odeur fleurie disparait alors très vite.

Nous apercevons une grange dans laquelle un groupe est en train de travailler le latex. Ils sont fiers de nous montrer leur travail. Les premiers chauffent les boules de latex pour le rendre liquide. Ensuite, ils le versent dans une bassine le temps que la matière durcisse. Elle est ensuite aplatie à deux reprises pour finir en grosse semelle étendue au soleil où elle sèche et durcie. Nous y passons un beau moment d’apprentissage.

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Je repasse à l’arrière du cortège. Agathe est juste devant moi. Cette douce odeur de fleur revient.

-  » C’est incroyable je ne vois pas de fleur et ça sent super bon, tu ne sens pas?  « 

-  » Ah, c’est peut-être moi. J’ai mis de l’huile essentielle de Palmasora ce matin. »

-  » C’est super cette odeur, j’aime quand ça sent bon ! »

Les jours suivants je teste cette huile essentielle magique et je suis vraiment séduite. Et oui finalement sentir bon est un luxe agréable à portée de main !

La journée passe vite et nous arrivons à notre destination peu après midi. Nous passons le reste de la journée au bord de l’eau au milieu de la mangrove. La marée est basse et l’eau est à près de 500m de nous. Les filets des pêcheurs sont apparents pendant de longues heures avant de se faire couvrir par l’eau une fois la marée inversée.

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Nous sommes au milieu de nulle part et les options de restauration ne courent pas les rues. Nous savons que la petite dame qui nous a fait à manger au bord de la route le midi est aussi ouverte ce soir, c’est un bon point. Néanmoins pour retourner à son stand il faut que nous marchions sur la route en pleine nuit et ça, nous essayons toujours de l’éviter. Les petites supérettes ne manquent pas, mais les étagères sont remplies de chips et de boissons sucrées. De loin nous apercevons des paquets de pain de mie, nous crions victoire trop tôt, le pain a pris trop de couleur pour être consommable. Tant pis, nous avons pris la route avec nos lampes de poche en restant au maximum sur le côté de la chaussée et sommes allés manger un super Riz frit aux légumes préparé avec amour sous nos yeux.

La région où nous sommes est majoritairement habitée par des musulmans. Les temples laissent place aux mosquées et les femmes sont voilées. La plupart des villages Thaïlandais ont des haut-parleurs dans la rue utilisés pour diffuser certains messages ou prières. Ici, les hauts-parleurs sont utilisés pendant les 5 prières musulmanes quotidiennes. Nous remarquons la puissance du son au coucher du soleil… et à 4h du matin au crépuscule… ce qui est un peu perturbant quand on ne s’y attend pas et que l’on dort dans une cabane en bambou. L’ensemble des éléments nous entourant ne nous permet pas de trouver un sommeil totalement réparateur.

Entrée dans les terres

12 décembre 2016, nous quittons la côte pour rentrer dans les terres. Les routes sont peu passantes, nous en profitons pour discuter un peu sur les vélos, c’est agréable ! Nous sommes toujours sur des rotations de carrioles et compte tenu des petites journées nous tournons tous les 12km. Autant dire que ça va vite. La journée est bien rythmée.

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Les touristes ne sont pas monnaie courante dans le coin, mais nous trouvons un « Tourist Information » sur la route où il est indiqué « Snacks ». Tous nos doigts appuient sur les freins de nos vélos pour ne surtout pas rater (peut-être la seule occasion de manger avant d’arriver) l’opportunité de manger un bon riz frit qui va nous redonner du fuel. Seul le panneau parle anglais… impossible même de faire comprendre RIZ alors que nous le disons en Thaï (oui certainement mal, mais jusque là ça passait…). La dame se met à mimer le poulet pour me faire comprendre poulet. À mon tour je mime le poulet en lui dessinant un oeuf avec mes mains pour lui dire qu’elle peut mettre des oeufs dans notre plat. Tout le monde finit par éclater de rire une fois la conversation terminée. Tant qu’il y a de la bonne humeur, on peut arriver à beaucoup de choses.

Une fois le riz frit avalé nous continuons notre route à travers plans d’ananas, hévéas, palmiers à huile, bananiers… et arrivons au lieu dit où Lilian a repéré un motel. Nous ne le trouvons pas tout de suite et demandons au serveur d’un café un peu hipster (si si c’est vrai) s’il sait où se trouve l’hôtel le plus proche. Afin de lui rendre la monnaie de sa pièce nous commandons un jus d’orange qui coûte 2 fois le prix du riz frit du midi. Il nous oriente vers un hôtel à 3 km d’ici. En route nous apercevons le motel que nous visions, nous étions seulement à 100m. Agathe et Lilian vont jeter un coup d’oeil aux chambres. Non cela ne passe pas. il est 14h, nous ne pouvons pas passer la nuit dans une pièce moisie sans fenêtre, il y a certaines limites que nous ne franchissons pas (quand on le peut, une fois de plus).

Une dame nous voit repartir du motel et nous interpelle et nous lance les mots suivant « Not here. Hotel. 3 kilo». Elle passe un coup de fil et nous mime qu’un taxi va venir nous chercher. « c’est gentil, mais nous allons y aller en vélo ». La dame ne comprend pas que nous puissions y aller en vélo, elle est inquiète, cela se voit sur son visage. L’incompréhension est à son comble, personne ne parle la langue de l’autre et tout le monde se regarde sans rien faire. Je lui fais signe que nous allons à l’hôtel qu’elle nous conseille et nous partons doucement. À ce moment-là, elle se précipite à l’intérieur de sa boutique et sort avec son casque de scooter. Elle nous escorte jusqu’au hall d’entrée de l’hôtel. Nous la remercions chaleureusement et elle disparait en un éclair. La gentillesse des Thaïlandais ne finira jamais de nous surprendre ! Le cadre est grandiose, l’hôtel est devant une paroi rocheuse qui nous laisse totalement rêveurs, mais le standing nous effraie un peu.

- « La note va être salée » me dit Lilian. Je lui réponds.

- « Ouais tu as certainement raison, mais c’est ça ou on fait 40 km de plus… Agathe, tu veux bien aller voir le prix qu’ils annoncent s’il te plait? »

- « Oui, avec plaisir, je vais négocier dur ! »

Elle revient quelques instants plus tard, toute contente. Comme on prend deux chambres elle a négocier un peu et finalement le prix est plus que correct, nous serons dans le budget aujourd’hui. Par contre le repas du soir est à nouveau composé d’un bon riz frit pris dans une petite cantine où nous sommes les seuls en compagnie des dizaines de geckos accrochés dans les abat-jours.

Une autre journée sur la route

13 décembre 2016. Je suis en tête du peloton avec la carriole et les premiers mètres sont aux abords d’un marché bondé, au milieu d’un trafic soutenu, près d’un feu tricolore, sous 36°C et avec une belle côte. Une fois qu’il y a un peu moins de voitures, je lance derrière :

- « Ah et ben la journée elle commence bien… wow ça c’était pas mal comme début de journée ».

- « T’inquiète la route va être moins passante dans quelques kilomètres » me répond Lilian

La route n’a rien de spécial, elle monte régulièrement et redescend un peu de temps en temps. Cependant, malgré ce qu’avait anticipé Lilian ce n’est pas moins passant. De gros camions bien chargés nous doublent les uns après les autres, nous envoyant leur gaz d’échappement dans le nez. Ce ballet de camion semble interminable, mais il prend fin quand nous avons passé la dernière raffinerie d’huile de palme. Au bout de 10km à tracter la carriole dans ce brouhaha je suis exténuée. Je laisse volontiers le pilotage à Lilian. Les 10km suivants sont principalement de la descente et de la bonne descente. Certains pourraient dire que je suis de mauvaise foi, mais non je vous le promets cela s’est passé comme cela pour de vrai.

Quand je reprends la carriole, à peu près 30 minutes plus tard (et bien oui quand ça descend ça va vite) nous approchons une zone de travaux, nous roulons sur une voie et demie au lieu de deux voies et deux bas-côtés généreux. La route est en terre battue, les petits graviers volent au passage des camions, car ils sont de retour parmi nous. J’ai l’impression de revenir 9 mois en arrière quand nous étions au Costa Rica (Le Costa Rica nous ouvre les bras).

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Je reste concentrée sur ce qu’il se passe devant moi, les rainures dans la route, la poussière, les aspirations des camions qui semblent à peine ralentir. Une fois que la route s’élargit un peu nous pourrions croire que nous sommes sortis d’affaire, mais non, un pickup vient de sortir juste devant moi. J’avais un peu anticipé, mais je reste quand même surprise. Une fois le chaos passé la route reprend sa forme habituelle  : belle, bitumée, bas côté rien que pour nous… et là je lance un franc « YEAHA » afin d’externaliser le stress des dernières minutes. Nous ne crions pas assez dans la vie, cela fait tellement de bien, le relâchement est alors total.

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Les journées s’enchainent, mais ne se ressemblent jamais. Nous mangeons du riz frit à midi… et le soir. Non, parfois nous n’avons nulle part où manger le soir alors nous nous préparons des sandwich au thon-mayonnaise… un carburant efficace !

La (presque) der des ders

Nous sommes revenus à l’endroit où nous avions dormi le premier soir avec l’équipe 2. Le personnel de l’hôtel nous reconnait et nous accueille avec une joie non dissimulée. La piscine nous tend les bras et nous nous y rafraichissons le temps de quelques longueurs et jeux. Demain est notre dernière étape, nous refaisons la même route que nous avons faite 3 semaines avant. Le réveil à arrière-goût peu agréable. Nous ne sommes pas pressés de monter sur nos vélos, le petit déjeuner traine un peu et nous décollons à 9h30.

Même si nous avons l’impression de savoir ce qu’il nous attend en termes de difficultés et de terrain la journée nous réserve des surprises. Après trois kilomètres, nous sommes dans une zone de travaux et ne reconnaissons pas l’endroit où nous avions fait une pause la dernière fois. L’abris bus, les arbres, les stands de fruits, les vendeurs de paniers… tous ont disparu pour laisser place à une route plus large, plus neuve, plus passante, plus goudronnée… mon coeur se pince. C’était un endroit convivial où des petites filles étaient venues nous offrir des papayes. J’y avais acheté les meilleurs pomelos que j’ai jamais mangés.

- « Tu as vu, tout a disparu ! Lilian, c’est incroyable. J’ai du mal à y croire »

- « Oui c’est impressionnant en effet. C’est dingue, il ne reste plus rien. En tout cas ils sont efficaces. »

- « La journée ne fait que commencer, que va-t-elle nous réserver? »

Le téléphone de Lilian n’a pas synchronisé tout le parcours.

- «  Charlotte, tu te souviendras de l’endroit où il faut tourner? J’ai plus de carte. »

- «  Oui je pense, sauf s’ils ont tout changé entre-temps. »

À travers les plantations d’hévéas qui se ressemblent il n’y a pas vraiment de quoi se perdre, car il n’y a qu’une seule route sauf à un endroit. Il faut repérer une route de terre et l’emprunter sur quelques kilomètres. À deux nous repérons l’endroit et nous enfonçons parmi les palmiers à huile. Une petite pause photo s’impose pour reproduire le portrait familial fait au Costa Rica en début d’année.

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Deux femmes en scooter s’arrêtent et nous demandent où nous allons. « Surat Thani ! » leur répondons-nous tous en coeur. « Oh… » Et elles se lancent dans les mimes interminables pour nous expliquer quelle route prendre. Nous les remercions de leur gentillesse et essayons de leur faire comprendre que nous savons quelle route prendre. Elles persistent et finissent par nous ouvrir la route pour être certaines que nous ne nous perdions pas. Au bout de 2 kilomètres, je lui dis le mot magique : « GPS ». Ses yeux s’illuminent alors, elle est rassurée et fait demi-tour. Nous sommes très touchés, une fois de plus, par l’aide que l’on nous donne.

Nous arrivons devant le même panneau qu’il y a 3 semaines qui annonce que la route est fermée, nous continuons, car nous savons qu’il y a un petit pont de bois sur lequel les vélos peuvent passer. Oui nous le savons, nous l’avons pris. Deuxième barrière, nous continuons. Des femmes nous crient « NO » de loin, nous leur faisons un signe de la tête et nous continuons. Comme la route est fermée, nous sommes seuls au monde et apprécions. Le pont en construction est devant nous, il y a aussi une pelleteuse et trois hommes autour qui s’affairent à la réparer. Nous descendons de nos vélos et un homme nous dit « No, No, No ». Nous passons notre tête par-dessus le tas de terre qui fait office de dernière barrière. La scène devant nous n’a rien à voir avec ce qui était inscrit dans nos mémoires. La région a subi de très fortes inondations ces derniers jours. L’eau boueuse remplace l’eau claire de nos souvenirs, tout est en mouvement et bouillonne alors que tout était calme… et surtout, le petit pont n’existe plus ! Il y a 2 mètres traverser pour atteindre une première île. De là un tronc a été posé pour enjamber l’autre bras de la rivière.

- «  Je pense qu’on peut passer en portant les vélos, je vais voir quelle est la profondeur. Je reviens »

- «  Non Lilian, il y a trop de courant. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Moi cela ne me plait pas. »

- «  Sinon on va se faire un détour de je ne sais pas combien de kilomètres. Je vais voir je reviens. »

Quelques instants plus tard, il revient trempé.

- «  Bon on laisse tombé, c’est trop profond. Si cela n’avait été que les vélos et des adultes, ça pourrait passer, mais avec la carriole et les filles ça va être trop galère. On va se faire un bon détour… »

- «  J’avoue que je suis rassurée de ne pas passer par la rivière. Je préfère encore faire un détour. »

- «  Ouais et bien la journée va être longue… »

Après 15 kilomètres de détour, nous retrouvons la barrière qui annonce la fermeture de la route dans l’autre sens, la boucle est bouclée. Les deux femmes au scooter voulaient certainement nous mettre en garde du fait que le petit pont n’existait plus. Comme quoi les mimes ont des limites. Cela fait partie de l’aventure, aussi.

Nous mangeons au même endroit, visitons la même grotte… cette journée a quand même un petit goût de déjà vu. Nous nous faisons arrêter par les policiers qui doivent être en manque de voitures. Ils se prennent en photo avec nous, et nous avec eux. Pendant quelques kilomètres Agathe et Denis prennent mon vélo pour sentir ce que cela fait de tracter la carriole, le chargement et les enfants. Moi je me retrouve sur un vélo léger, mais trop petit, on dirait un jouet. ;-)

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Ces derniers kilomètres nous permettent de mesurer le chemin parcouru cette année. Nous roulons côte à côte avec Lilian (il n’y a vraiment pas de voiture). Nous nous félicitions et nous remercions mutuellement d’avoir pris la décision de partir, d’être partis, de s’être écoutés, d’avoir toujours fait de notre mieux et d’avoir profité de ces moments tellement privilégiés vécus ensemble, en famille. C’est un petit moment « bisounours », mais cela fait du bien.

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Arrivés à destination nous avons 62km au compteur, il est 15h45. Nous faisons vite le check-in et laissons les filles avec Agathe et Denis. Nous sommes de retour à l’endroit à côté duquel nous avons acheté le troisième vélo lors de l’arrivée de l’équipe 2. Nous comptons retourner voir le monsieur qui tient son hangar de vélos d’occasion pour lui vendre ceux d’Agathe et Denis. Si il ne les prend pas il faudra (peut-être) que l’on aille tous en vélo jusqu’à Surat Thani. Nous devons être fixés ce soir. Les deux vélos sont bien ficelés dans la carriole. Je prends note que mon chargement est bien plus large que d’ordinaire et nous reprenons l’autoroute vers le sud. Le plafond est bas et la nuit ne va pas tarder à tomber. Je pédale aussi vite que je peux.

Lilian me dit : «  Tu n’es pas obligé d’aller si vite, prend ton temps. »

- «  Je suis stressée par la pluie, la nuit et cela me fait du bien de pousser fort. Plus vite on est débarrassé de ces vélos mieux c’est »

- «  Ok, ça me va ! »

Telles des fusées, 6km plus tard nous arrivons devant le hangar. Le monsieur revient de la supérette avec ses chiens. Il ne parle toujours pas anglais, ne comprend toujours pas ce qu’on lui dit. Nous avions préparé nos mimes. Quand il comprend ses yeux se remplissent de détresse. Il semble outré, vexé… toutes les émotions y passent. Inutile d’insister cela ne donnera rien. Nous repartons dans la poussière des travaux et sous une pluie fine. Tout se mélange pour faire un beau masque de beauté.

Je suis déçue de revenir avec les deux vélos dans le coffre, si on puits dire. Au feu tricolore je m’adresse un jeune homme qui est à l’arrière d’un scooter et je lui dis : «  Do you want a bicycle? ». Il me répond oui de la tête. «  1000 baths » (soit 26€) Il tourne la tête pour ne plus me regarder. Je continue les quelques centaines de mètres qui suivent à crier « Cheap Cheap Bicycle. Good Good Bicycle. » Lilian emboite le pas. Oui des fois il faut de laisser aller un peu plus que d’habitude.

C’est recouvert de boue et trempé que nous rentrons à l’hôtel. Je tente notre dernière chance. Je vais à la réception et dis à l’hôtesse que nous avons deux vélos à vendre. Quand je dis 1000 baths elle me demande de confirmer. Je lui confirme qu’elle a bien entendu. Elle a un grand sourire sur le visage et se met à rire avec sa voisine. Je lui demande où nous pouvons mettre les vélos pour que le personnel puisse les voir. Ma demande est inutile. En quelques instants tout le personnel est devant l’hôtel. Une dame me tend un billet de 1000 baths, elle achète le premier vélo, un vtt « Coyote » qui a fait près de 1000km, sans même l’essayer. Elle est très contente de son affaire. Un de ses collègues l’essaie (sous la pluie donc il ne grince pas) pour elle. Le deuxième est en vente à 3000 baths, il est de meilleure qualité… il n’intéresse pas tout de suite. Nous le garons devant l’hôtel en espérant le vendre d’ici le lendemain matin. En attendant, nous allons acheter de la bière avec notre butin du jour pour fêter cette dernière étape en bonne et due forme.

Le deuxième vélo est vendu dans la soirée à l’oncle de l’hôtesse d’accueil.

Équipe 3 arrivée à destination. Vélos vendus. Missions accomplies !

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Bilan

- 11 Pays
– 6700 km
– 50000m de dénivelé positif
– des centaines d’heures à pédaler
– des dizaines et des dizaines de rencontres
– des rires, des larmes, des peurs, des joies par kilos
– du chaud trop chaud
– du froid trop froid
– de la bienveillance à tous les coins de rues
– …
– et vos encouragements par dizaines de milliers (20000 d’après les statistiques Facebook).

MERCI à vous tous !

 

La suite avec les détails de notre retour en France dans le prochain article.

Je qu’en dit l’équipe 3 : Agathe (soeur de Charlotte)

Je suis allongée dans le train couchette direction Bangkok à essayer de comprendre dans quel sens avance le train et à m’habituer aux vibrations de cette vieille mécanique. Après une nuit non sans à coup, je profite des derniers kilomètres en train pour vous faire part de nos impressions.

Denis et moi sommes partis de France le 4 décembre pour rejoindre Charlotte, Lilian, Liv et Tess à l’autre bout du monde. Sans attente particulière sur le programme, nous partions faire du vélo en famille dans le sud de la Thaïlande. Nous les retrouvons le 5 décembre au soir dans un hôtel à Phuket Town sous une chaleur nocturne humide, mais supportable. Le lendemain, nous sommes un groupe de 9 à vouloir faire quelque chose sur l’île de Phuket, l’équipe 2 ne repartant que 2 jours plus tard. Pour un premier jour en Thaïlande, la plage de Patong nous rappelle ce pour quoi ce pays attire la plupart des touristes : sea, sex and sun… Bref passons.

Le lendemain nous partons faire un peu de plongée avec les poissons à l’île de Phi Phi, voilà qui est déjà plus dépaysant bien que nous sommes encore en plein dans le tourisme de masse. Nous trépignons d’impatience d’enfourcher nos montures qui ont déjà pu faire leurs preuves avec les autres équipes.

Notre première journée de vélo est courte, mais toutes les sensations sont déjà là : la découverte des environs à vitesse raisonnable, la prudence face au trafic, la sécurité toujours assurée par Charlotte et Lilian et l’émotion partagée avec les personnes nous saluant sur notre passage.

En arrivant avec le bateau sur la côte de Krabi nous comprenons que le voyage sera en effet riche en paysages incroyables. Les plages désertes avec cocotiers existent bel et bien et le rythme de voyage du quatuor nous permet d’être immergés dans la culture locale et de prendre notre temps.

Nous avons enchaîné 6 jours de vélo de 17 à 63 km par jour. Nos ‘hôtes’ ont su nous ménager à travers des petites routes locales pas trop encombrées où nous avons pu goûter à peu près tous les goûts de riz frit ‘no meat, no seafood, only egg and vegetable’ lors de nos haltes pour le déjeuner. Charlotte vous fera un plaisir de vous imiter la poule pour faire comprendre qu’on ne voulait pas de sa chaire, mais seulement de son oeuf… Ah les joies de la communication avec les Thaïs.

En cette fin de voyage que nous passons à Bangkok avant de rentrer, nous énumérons les points forts de cette épopée :

  • Pédaler derrière la carriole et se rendre compte que ça ralentit bien. Une belle rangée d’escargots qui encourage le tireur ou la tireuse de ces 100 kg
  • pédaler le long de la jungle et entendre tous les bruits d’animaux et se demander à quoi ça peut ressembler dedans et combien de temps on pourrait y survivre
  • après 4 jours sur les routes (et un peu plus pour les autres), enfin comprendre comment on dit riz frit : kao pat!!!
  • admirer des paysages improbables
  • voir ses nièces grandir et poser des questions sur tout ce qui les entoure et être capable de demander de l’eau en anglais au serveur :)
  • Jouer dans les vagues avec ses nièces, merci les filles
  • de ramasser du plastique sur les plages, encore et toujours ‘du plaaaastiiiique!’
  • Lancer des ‘sawatikaaaa’ (bonjour) à tout va et voir que les Thaïs nous le rendent bien, heureux (ou étonnés) qu’ils sont de voir des blancs à vélo
  • chanter Imagine de John Lennon avec un apprenti chanteur Thaï du vendredi soir
  • se laisser émouvoir par les statues de bouddha plus grandes les unes que les autres
  • tirer la carriole pendant 4 km et être fière de Charlotte et Lilian qui l’ont fait pendant 3350 km chacun (c’est juste super lourd et pas stable! quel travail d’athlète et d’équilibre!)
  • Voir leur fierté et leur fatigue! sur la dernière étape après 6700 km à pédaler cette année

Merci à eux 4 de nous avoir accueillis sous leurs ailes pendant cette quinzaine de jours. Nous avons aimé nous laisser porter par leur organisation et adoré pédaler avec eux en cette fin de grand voyage. Ce sont des moments uniques et inoubliables.

Mention spéciale pour Lilian, notre GPS ambulant qui nous a menés à travers la jungle et les villes sans qu’on ait à se poser de questions. Et à Charlotte pour le choix des hôtels avec des chambres toujours plus grandes.

Kampunka (Merci en Thaïlandais)

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La Thailande en relai : équipe 2

Après deux semaines de vélo à travers les plaines centrales de la Thaïlande avec les parents de Charlotte, c’est au tour de mes parents et ma soeur de nous rejoindre.

Quelques semaines en arrière, après avoir étudié la carte pour les six semaines de relai, nous avons pris la décision d’adopter un rythme paisible pour permettre à chacun d’expérimenter le voyage à vélo, quelque soit sa condition physique. De ce fait il nous est apparut impossible de descendre jusqu’au sud de la Thaïlande sans utiliser un transport motorisé.

Retour à la case départ

La première étape du relai s’est achevée à Kanchanaburi et nous avons décidé que la deuxième étape démarrerai à Surat Thani, 600 kilomètres au Sud. Nous avons donc rendez-vous avec mes parents à Bangkok, d’où nous prendrons tous ensemble le train de nuit.

Nous arrivons en bus à la gare de Bangkok. Si nous nous y sentions complètement étrangers lors de notre arrivée en Thaïlande, cette fois ci tout nous parait familier ! En deux mois nous avons adopter les codes Thaïs.

Nous retrouvons mes parents qui viennent juste d’atterrir et embarquons dans le train de nuit après leur avoir fait gouter quelques plats typiques. La nuit sera bonne pour les uns, en pointillé pour les autres.

Sur la ligne de départ

Arrivés à Surat Thani nous installons la nouvelle équipe dans un taxi avec 2 vélos et nous les suivons avec les nôtres jusqu’à un hôtel situé à l’ouest de la ville, nous évitant le chaos du traffic pour le départ.

Pendant que les grands-parents se reposent et jouent avec les enfants, nous repartons avec Charlotte à la recherche d’un cinquième vélo.

Nous nous rendons à la boutique la plus proche (17km) qui n’a malheureusement pas de modèle « entrée de gamme ». Nous tentons d’expliquer que nous sommes d’accord pour acheter un vélo en dehors de notre budget, à condition que la boutique nous le reprenne un mois plus tard, lors de notre retour à Surat Thani. Impossible de se faire comprendre malgré les coups de fil à des « amis qui parlent anglais ». Nous arrivons tout de même à arracher au vendeur l’adresse d’une boutique de vélos d’occasion et repartons pour 20 kilomètres de vélo.

La boutique indiquée ressemble plus à un hangar agricole où pourrissent depuis bien trop longtemps bien trop de vélos.

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Le propriétaire ne parle pas un seul mot d’anglais et ne fait aucun effort. Nous démarrons alors un étrange spectacle de mimes où nous tentons de lui expliquer que nous voulons un vélo alors que nous en avons déjà deux.

Le vieux nous suit dans notre exploration de son tas de ferraille et lorsque que notre intérêt se porte sur un vélo il griffonne le prix sur un bout de carton. Les vélos sont hors de prix. Lorsque nous pointons du doigts des câbles cassées, les patins de frein usés jusqu’à la moelle et la crasse recouvrant les parties mécanique, le vendeur nous fait simplement comprendre que c’est de l’occasion

Commençant à désespérer il nous montre un vélo de route neuf. Il nous le propose à un peu moins de 200€, alors que notre budget est de 100€. Nous faisons un rapide point sur la situation : nous sommes en milieu d’après midi, il nous manque toujours un vélo et nous devons partir le lendemain matin. Le prochain magasin est à 35km aller, et 35km retour. Ce vélo fera l’affaire. A contrecoeur nous le chargeons dans la carriole et arrivons à hôtel avec 45km au compteur, pas mal pour une journée de repos !

L'affaire est dans le sac ... ou plutôt dans la carriole !
L’affaire est dans le sac … ou plutôt dans la carriole !

Top départ

Après un briefing sur les règles de circulation et sur l’itinéraire prévu nous prenons la route.

La première journée de vélo nous réserve de nombreuses surprises, pour le plus grand bonheur de nos invités. La route est calme est sillonne les plantations d’hévéa, l’arbre duquel on récolte le latex à la manière du sirop d’érable. Nous prenons le temps de nous arrêter, de marcher dans les plantations et d’aller voir les producteurs qui transforment les boules récoltées en « tapis ».

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A mi-parcours nous découvrons un magnifique temple au sein d’un incroyable réseau de grottes.

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L’après midi nous poursuivons sur une jolie route qui serpente entre les collines, seulement interrompue par un pont en construction. Nous atteignons un bel hôtel et cette fin de première étape est récompensé par une superbe piscine !

Un pont en moins, du fun en plus !
Un pont en moins, du fun en plus !

Le deuxième jour nous roulons sur une route plus passante que la veille. Nous approchons du parc national de Khao Sok. Les montagnes se font de plus en plus présentes et nous offrent de magnifiques points de vue. Nous nous installons en bordure du parc dans des bungalows de bambous nichés dans la jungle.

Le parc national englobe un lac de barrage qui a transformé les sommets en îles de calcaire et de jungle. Notre jour de repos sera l’occasion de visiter ce parc dans le cadre d’un tour organisé. Cette journée est l’occasion pour nous quatre, de prendre conscience du rythme dans lequel notre vie s’inscrit depuis maintenant 11 mois : la lenteur. Le contraste de cette journée est saisissant : tout est minuté, les attractions s’enchainent les unes après les autres, nous sommes transportés, animés, nourris, amusés. Malgré ce rythme chacun profite de cette belle journée. Il faut dire que les lieux sont spectaculaires. Les formations géologiques sont surprenantes et la jungle est omniprésente. Nous avons la surprise de déjeuner dans un hôtel flottant sur le lac et avons le temps de nous baigner dans une eau cristalline.

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De retour au bungalow, nous décidons de ne pas repartir le lendemain comme prévu initialement mais plutôt de nous offrir une véritable journée de repos.

Les deux jours suivants nous roulons vers l’ouest, en direction de la côte. Nous arrivons à trouver des routes peu passantes et profitons des paysages. Si les montagnes se dressent telles d’impénétrables remparts, toutes les plaines sont envahies par les plantations de palmiers à huile. Alignés avec minutie, les palmes brillent au soleil.

Plantations de palmiers à huile
Plantations de palmiers à huile

Nous profitons des points de vue pour montrer à Liv et Tess l’impact de cette culture intensive déjà observée en Amérique Centrale. La jungle a disparue et avec elle de nombreux animaux, dont la panthère noire. Nous essayons de trouver les mots pour expliquer à des enfants de 4 et 5 ans qu’au delà de l’image romantique de la jungle perdue, ces plantations sont la parfaite démonstration de notre mode de consommation centré sur excès, et que tout excès est nuisible. Exercice délicat.

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Au bout de quatre jours de vélo nous atteignons enfin la côte. Les filles l’attendaient depuis tellement longtemps ! Les derniers 300 mètres nous rappellent que cette région a été très marquée par le tsunami de 2004. Panneaux d’évacuation et sirènes XXL nous accueillent sur une plage de carte postale : une langue de sable blanc déserte où poussent des cocotiers qui dominent une eau turquoise. Nous marquons notre pause déjeuner dans un petit restaurant sur la plage. Ce Pad Thai à un goût particulier.

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Avis de tempête

Nous atteignons Khao Lak, petite ville touristique côtière, où nous prévoyons un jour de pause. La météo en décidera autrement : des tempêtes sont annoncées partout sur la régions, les îles de la côte Est sont inondées, les bateaux n’ont plus le droit de sortir. Nous qui comptions traverser la mer d’Andaman en ferry pour rejoindre Krabi, sommes obligés de revoir nos plans.

Coincés pendant 4 jours à attendre une tempête qui ne viendra finalement pas, nous remontons en selle avec en ligne de mire Phuket. Cette destination n’a jamais été dans nos plans mais, grâce à son aéroport, ce sera le point de passage de relai entre l’équipe 2 et l’équipe 3.

Phuket est à 2 jours de vélo. La première journée est très agréable et nous roulons à bon rythme sur les routes secondaires. Pour notre dernier jour cependant, nous devons traverser toute l’île de Phuket avant d’atteindre la ville. Cette journée nous rappellera notre traversée de Managua au Nicaragua, seul jour où nous nous sommes sentis en danger face au traffic. Plus nous approchons de la ville, plus le traffic s’intensifie, notre bande circulation est occupée par les voitures stationnées et par les scooters roulant à contre-sens. Nous traversons une zone de travaux qui rend l’exercice encore plus périlleux. Je tire la carriole sur cette section et j’avance le plus vite possible pour réduire notre exposition au risque. Il y a du bruit, nous devons en permanence être vigilant à tout ce qui bouge et même ce qui ne bouge pas encore mais pourrait se mettre en mouvement subitement. Le peloton s’est étiré mais tout le monde suit à merveille.

Nous échouons devant notre auberge rincés. L’équipe 2 termine son relai avec 300km et près de 3000m de dénivelé au compteur en 6 jours de vélo, bravo à eux !

Phuket

Nous avons 2 jours à passer à Phuket entre l’arrivé de l’équipe 3 et le départ de l’équipe 2. Pendant 2 jours nous sommes immergés dans le tourisme de masse, à un niveau que nous ne pensions pas possible.

Quel incroyable écart entre les catalogues des tour operators et la réalité ! Phuket est une débauche permanente, une overdose de tout, l’industrialisation du voyage à son paroxysme. Après ces deux jours nous n’attendons plus qu’une chose : sauter dans le ferry et fuir vers Krabi en espérant retrouver là bas la Thaïlande paisible que nous arpentons depuis 2 mois.

Alors que l’équipe 2 prend l’avion pour Bangkok, nous trouvons dans l’auberge une acheteuse pour le vélo que nous avons maintenant en trop et l’équipe 3 monte en selle pour rejoindre le port et de nouvelles aventures !

Ce qu’en dit Manon, soeur de Lilian

Le 22 novembre nous décollons tous les trois (les parents de Lilian et moi sa petite soeur) de France direction Bangkok!

Nous souhaitions partir pour découvrir et soutenir le projet de vie de Lilian, Charlotte, Liv et Tess. Pour comprendre leur quotidien. Pour découvrir leur fonctionnement. Pour partager leur vie. Pour vivre une expérience en famille.

La zone de confort

Pour ma part, la notion de « zone de confort » s’est immiscée en moi au fil des lectures de ce blog. SORTEZ DE VOTRE ZONE DE CONFORT.

Je ne suis pas du tout sportive et surtout assez phobique du vélo. Je suis montée en selle une seule fois depuis mes quinze ans. Ainsi, quand la petite tribu nous a fait du pied pour participer à leur voyage, je me suis dis que c’était une opportunité de sortir de cette fameuse zone de confort.

Et oui, ils nous le répètent : l’aventure est à portée de chacun d’entre nous. Ils nous ont prouvé chaque jour que quand on met du cœur dans ce que l’on accomplit, tout est possible.

Il faut être honnête, sortir de sa zone de confort cela veut dire suer à grosses gouttes et monter des côtes en plein soleil par 46°.

J’ai appris une chose sur le vélo, ne vous réjouissez jamais d’une descente, il y a toujours la côte qui va avec!!

Voila deux lignes pour les points difficiles. Euh, je vous passe les détails dans cette rubrique sur la plage de Patong (Phuket), je pense que Lilian aura été suffisamment explicite :-)

Le vélo

Le vélo est vraiment un moyen extraordinaire de voyager. On découvre les gens, les paysages, les coutumes et la nourriture d’une matière totalement différente. Vous pouvez parcourir des distances importantes en n’en perdant jamais une miette. Le voyage est dans le déplacement.

Comment découvrir en voiture, en bus et même en scooter, les gens qui vous hurlent « Bravo » à longueur de journée, qui vous arrêtent sur la route pour vous offrir de l’eau, des fruits, qui vous invitent chez eux.

Comment saisir toutes ses odeurs incroyables et inconnues? Ou encore le bruit assourdissant de la jungle? Comment vivre un moment tel qu’une centaine d’enfants dans une école qui se ruent aux fenêtres pour nous encourager et nous taper dans la main? Comment découvrir l’amour des Thaïs pour les enfants (de vrais petites starlettes les nièces)? Comment découvrir aussi les particularités de la communication avec les populations rurales qui ne parlent pas anglais (perte de patience assurée)? Comment voir sous cet angle, des paysages à vous couper le souffle et qui ne sont sur aucun guide?

Et la sensation le soir sous une bonne douche (oui parce que le soir on est vraiment crevé quand même), d’avoir vécu 10 journées en une. Ca permet de se rappeler, comme Lilian et Charlotte nous l’on dit, que l’humanité ce n’est pas que ce que l’on voit à Phuket. L’humanité, c’est avant tout ce fourmillement chaleureux où l’on se sent faire partie d’un tout.

Je suis partie pour la famille et j’ai découvert ce que c’est de voyager vraiment…

Voyage ou vacances?

Bon la famille parlons en! Nous voulions découvrir leur quotidien c’est chose faite! Que ce soit clair, voyage et vacances ce n’est pas du tout pareil. Eux, ont réellement 3 journées en une: le vélo, être parent et organiser le voyage au jour le jour. Et tout ça c’est du temps et beaucoup d’énergie. Car pour moi, quand j’enlève le pied de ma pédale le soir pour fouler le sol de l’hôtel, je me dis ouf! La journée est finie! Que neni! Pour eux, commence la journée avec les filles qu’il faut occuper et défouler après des heures dans la carriole. Et ça ne parait pas, mais deux petites filles qui viennent de globetrotter pendant un an, il faut les suivre! Elles sont curieuses de tout, veulent tout comprendre.

Ce que j’ai vraiment découvert c’est le côté logistique. En fonction du temps, projeter les trajets des jours suivants, trouver les meilleurs itinéraires, télécharger les cartes, trouver les éventuels points d’intérêts sur le trajet, trouver les logements, suivre le budget, écrire les articles… Cela prend un temps fou. Ils ont développé un savoir-faire incroyable au cours de cette année.

Mention spéciale à Charlotte qui pédale comme Lilian, qui tire la carriole à égalité, qui est une femme, une maman, une négociatrice, une organisatrice et qui garde le sourire en permanence (et oui Lilian on ne voit pas si il sourit avec la barbe ;-) ).

En résumé, une expérience et une famille en or! Merci de nous avoir fait vivre cela.

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La Thailande en relai : équipe 1 https://oneyearofadventures.com/cycling-south/la-thailande-en-relai-equipe-1/ https://oneyearofadventures.com/cycling-south/la-thailande-en-relai-equipe-1/#comments Tue, 22 Nov 2016 15:20:50 +0000 http://oneyearofadventures.com/?p=3301 La Thaïlande en relai : équipe 1 Après 10 mois d’inspiration, nos familles passent à l’action ! Trois équipes vont se relayer pendant 6 semaines à nos côtés sur les routes de Thaïlande. L’arrivée de mes parents (c’est Charlotte qui écrit), Christine et Jean-François est dans une dizaine de jours et nous avons 2 à...

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La Thaïlande en relai : équipe 1

Après 10 mois d’inspiration, nos familles passent à l’action ! Trois équipes vont se relayer pendant 6 semaines à nos côtés sur les routes de Thaïlande. L’arrivée de mes parents (c’est Charlotte qui écrit), Christine et Jean-François est dans une dizaine de jours et nous avons 2 à 3 jours de pédalage pour arriver au lieu de rendez-vous. Après une nouvelle session de calcul d’itinéraire et de recherches de lieux intéressants nous changeons le lieu de rendez-vous. Nous allons descendre 200km plus au sud, à Nakhon Sawan, pour les attendre.

En attendant l’arrivée du premier relai familial

En attendant nous sommes à Sukhothai, ancienne capitale du pays, et la visite vaut vraiment le détour alors nous en profitons.

Notre chambre est à 13km du centre touristique et l’idée de prendre les vélos sur un axe très fréquenté, en pleine chaleur un jour de repos ne nous enchante pas. Nous attrapons un bus en prévoyant de visiter le parc à pied. Mais une fois devant l’entrée l’appel des vélos est irrésistible et nous en louons deux, équipés chacun d’un siège pour embarquer les filles. En vérité nous voulions profiter du parc pour louer des vélos pour les filles, qu’elles pédalent un peu, mais le loueur n’a pas voulut car il y a quelques voitures dans le parc et ce n’est pas raisonnable. Tant pis!

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C’est un super moment en famille car nous pouvons discuter avec les filles qui sont juste à côté de nous… et c’est sans parler de la beauté du lieu qui est juste incroyable.

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Ce petit tour en vélo tout rouillé nous rappelle combien nous sommes bien équipés avec nos montures Giant qui ne nous ont pas fait défaut depuis le début de l’année.

Emplettes à Nakhon Sawan

Nous reprenons la route et en 3 jours nous sommes à Nakhon Sawan, 2 jours avant l’arrivée de mes parents. Notre première mission est de leur trouver des montures qui leur permettrons de passer 15 jours avec nous. Nous repérons sur la carte un magasin à 500m de notre hôtel… impossible de le trouver une fois à l’adresse indiquée.

Nous reprenons notre petite ballade sous les 37°C de la matinée et nous réfugions dans une petite boutique de cycle climatisée. La gérante nous fait comprendre qu’elle ne fait des vélos que sur commande et qu’elle n’a rien à nous proposer. Jusque là la conversation est assez fluide grâce à Google Translate qu’elle utilise pour communiquer avec nous. « Savez-vous où nous pouvons trouver des vélos en ville? «  Pourquoi sommes nous allés nous aventurer à essayer de converser avec elle… les 15 minutes suivantes sont une succession de mauvaises traductions Google et elle panique face à la carte que nous lui sortons. On note qu’il est toujours délicat d’estimer le niveau de compréhension des Thaïlandais en anglais et qu’en cas de difficulté manifeste il n’est pas toujours fructueux d’insister.

Nous rentrons à l’hôtel, enregistrons l’adresse d’une nouvelle boutique en Thaï et demandons à un TukTuk de nous y amener. Lui non plus n’est pas à l’aise avec la lecture de la carte. La lecture de l’adresse le laisse sans enthousiasme puis, suite à l’insistance du personnel de l’hôtel, il finit par accepter de faire l’effort de nous amener 4 km plus loin sur un trajet quasiment droit. Finalement il nous dépose au premier magasin de vélos proche de l’adresse visée.

Dans la boutique personne ne parle anglais, ils sont tous autour de nous à brandir des calculatrices pour nous indiquer le prix de leurs vélos et nous parle en Thaïs. Les vélos ne sont pas de bonne qualité, nous continuons à pied jusqu’à la boutique que nous visions initialement.

Ils ont deux vélos qui ne sont peut être pas de bêtes de course mais qui feront bien l’affaire. Les parents ont insisté pour que nous trouvions des portes bagages pour porter eux-même leur affaires. Nous savons qu’ils en sont capables, ce n’est pas le problème mais nous savons aussi combien la stabilité est importante sur la route et ajouter un sac derrière eux sur de tels vélos ne sera pas des plus agréables. L’idée est qu’ils apprécient leur voyage et nous allons faire ce que nous pouvons pour éviter les galères évitables. De plus nous leur avons laissé les sacs que nous avions en Amérique Centrale et savons qu’ils tiennent très bien sur nos sacoches arrières.

Arrivée de  l’équipe 1

Cela fait 20 jours que les filles colorient tous les jours une case dans leur petit carnet pour compter les jours qu’ils restent avant l’arrivée de leurs grand-parents. Ce matin elles se réveillent impatientes : « Ca y est, c’est aujourd’hui ! Mais c’est dans combien d’heures Maman?  »

Nous sommes tous très contents de retrouver GrandMa et Pepeyre et mesurons que nous allons partager avec eux notre quotidien pendant deux semaines. Nous les attendons en nous posant un tas de questions : Vont-ils aimer être sur les vélos ? Vont-ils souffrir de la chaleur ? Combien de kilomètres sont-ils en mesure de faire? Allons-nous arriver à garder un rythme qui leur convient ? Ne vont-ils pas s’ennuyer sur les vélos ? et une fois la journée terminée? Ne vont-ils pas regretter le confort d’une voiture?  Nous leur faisons confiance, nous nous faisons confiance. Nous resterons à l’écoute des uns et des autres en essayant de ne pas oublier les besoins des filles.

A 22h30, nous descendons dans le hall de l’hôtel pour les attendre.

Je lance à Lilian : « Mince, et s’ils étaient en train de nous attendre à la gare? « .

- « Pourquoi tu dis ça? Vous vous êtes dit quoi lors de votre dernier échange? « 

-« Et bien je crois que ce n’était pas très clair… « , je commence à culpabiliser de ne pas être à la gare.

- « Bon vu l’heure il vaut mieux rester là et les attendre, leur train n’est arrivé en gare qu’il y a 15min, le temps qu’ils trouvent un tuktuk…

- « Ils ont toutes les instructions pour venir. Ils ne sont pas à leur premier voyage, ils ont vu pire. J’ai confiance en eux » Je m’empresse tout de même à contacter mon frère et ma soeur par whatsapp pour leur demander si les parents leur avant dit qu’ils nous attendaient à la gare ou pas. Ils me rassurent tous les deux et ils ont raison. Quelques minutes plus tard leur tuktuk arrive. Ils sont contents d’être arrivés… après 26h de voyage entre avion, métro, train et tuktuk.

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Que les aventures commencent

Les parents font connaissance avec leur nouveau vélo et font des tours de parking pour les prendre en main et réaliser les derniers réglages. En selle !

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Jour 1

Première épreuve dès la sortie de l’hôtel : franchir l’axe principal de la ville et son trafic. Première traversée à 4 vélos. Nous prenons nos repères, tout se passe bien, nous arrivons de l’autre côté sans problème. Sur la deuxième traversée je suis passée avec papa mais maman est restée au stop avec Lilian. Bon c’est bien mais on a encore des progrès à faire en terme de cohésion d’équipe. Sur les premiers kilomètres, nous cherchons la vitesse de croisière qui convient à tout le monde quand un homme en scooter nous arrête pour nous offrir deux poissons frits. Notre premier cadeau en grand convoi !

La sortie de la ville n’est pas aussi désagréable que l’on aurait pu le croire. Lilian a bien travaillé l’itinéraire pour longer un maximum la rivière. Au bout de 15km nous faisons une pause déjeuner juste à temps avant qu’une pluie torrentielle ne s’abatte sur le toit de notre abris. Après plus d’une heure, on devine à l’horizon quelques taches de ciel bleu.

Nous franchissons la flaque d’eau qui nous sépare de la route et c’est reparti : avec le sourire en plus !

En route !
En route !

Arrivés à destination nous sommes accueillis par un marché local que nous traversons en poussant les vélos en disant « Bonjour » à droite et à gauche avec le sourire au bout des lèvres. Le repérage pour le repas du soir est fait, il ne nous reste plus qu’à profiter de la piscine en attendant.

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Fin du jour 1, ils n’ont pas l’air si fatigués

Jour 2

Nous visons la ville d’Ayutthaya qui est 200km au sud de notre position et seulement à 60km au nord de Bangkok. La proximité avec Bangkok nous inquiète un peu quant au niveau de traffic sur les routes. « Allons nous trouver des itinéraires un peu sympas? » La lecture de la carte ne permet pas toujours de s’assurer du niveau de traffic ou de l’intérêt de la route, surtout aussi près d’une grosse ville. Nous y sommes habitués mais nous aimerions que les parents ne s’ennuient pas sur les vélos et qu’ils profitent un maximum du pays en ces quelques jours. Lilian tourne la carte dans tous les sens pour préparer au mieux les journées et le moral des troupes.

Après un départ sous la pluie, au dixième kilomètre, nous tournons sur une petite route pour arriver devant un immense temple à peine visible de la route. L’intérieur est impressionnant : tout est recouvert de petits miroirs qui donne à ce lieu si solennel un look de discothèque géante.

Vous avez dit "shiny" ?
Vous avez dit « shiny » ?

Au kilomètre 15 nous traversons la rivière avec un bac des plus local sous les yeux amusés des autres passagers.

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Puis le tour operator nous fait passer par une petite route le long de la rivière où nous avons la visite de singes sauvages (enfin certainement pas tant que cela). Il met le paquet sur les points d’intérêts !

Pour Christine et Jean-François, les douleurs qui commencent à se faire sentir au niveau des fessiers se laissent presque oublier. La journée de 40km passe vite et nous avons toute l’après-midi pour nous détendre et nous rafraichir dans la piscine de l’hôtel qui est aussi la piscine municipale.

Jour 3

Lilian nous fait rêver dès le petit déjeuner : « Aujourd’hui nous allons suivre une petite route qui longe le canal. La journée devrait être sympa.«  Il nous en a mis plein les yeux la veille et nous n’avons aucun mal à lui faire pleine confiance.

La journée commence sur une 2 fois 4 voies pendant quelques centaines de mètres et nous devons tourner à droite. Nous n’aimons pas tourner à droite car en roulant à gauche cela veut dire traverser toutes les voies qui vont dans notre sens plus toutes celles qui arrivent dans le sens inverse. Le centre ville n’est pas loin, nous sommes en pleine heure de pointe matinale… résultat : il y a des voitures, des scooters, des camions dans tous les sens. Notre convoi est long et nous n’avons pas encore beaucoup d’expérience dans le changement de position dans autant de cohue. Nous avons des voitures entre nous 4. Nous ne formons plus une belle unité visible de loin. Dispersés nous sommes bien plus vulnérables. La catastrophe est évitée. Une voiture ralentie et nous laisse le temps de nous remettre tous à la queue leu leu. Cela ne se reproduira plus. Ce petit rappel à l’ordre est ancré dans nos têtes à tous les 4 et nous n’aurons plus jamais de problème lors des futurs changements de position. En quelques instants nous sommes sur une route bien plus calme et reprenons nos esprits.

Le canal est devant nous. Lilian me lance : « Gauche ! ». Je tourne. La route n’est pas bitumée mais cela va nous faire du bien d’échapper au traffic.

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Quelques dizaines de mètres plus loin les choses se compliquent…

Exploration
Exploration

Tant que ça roule, ça le fait !… Les hautes herbes se plient au passage de la carriole, les roues de mon vélo patinent un peu. Le terre humide laisse place à des flaques de boue puis à des flaques tout court.

A la tête de la carriole la boue est équivalente à une pente à 17%. Ca patine mais ça passe toujours.. enfin presque mais là je descend de mon vélo et je pousse. Les autres sont dans la même galère et s’ils posent pied à terre ils pourront difficilement m’aider. C’est énergivore mais ça finit par passer !

Loin d’une journée tranquille, nous ne manquons pas de nous amuser de cet itinéraire. Le tour operator aura tout de même un bon commentaire.

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Nous avons régulièrement des ponts pour revenir sur la route goudronnée mais nous en laissons passer quelques uns avant de battre en retraite face à cette route peu accueillante.

Ce jour là nous étions partis pour faire 35 km mais un élan d’énergie grâce au riz et aux brochettes de poulet grillé, nous fait terminer la journée à 57 km. La journée du lendemain sera ainsi moins longue.

Les parents tiennent le coup : aucune douleur musculaire, pas de mal de dos, pas de coup de fatigue… juste mal aux fessiers… c’est le métier qui rentre. Je fais rouler mes parents successivement quelques kilomètres avec mon vélo pour qu’ils puissent profiter d’un changement de selle (un peu) plus confort. Ma selle est une Brooks en cuir qui s’est formée à la forme de mon assise, ceci n’est du coup pas des plus confortables pour eux. Cependant ils apprécient ce moment sur un vélo de voyage, même s’il est chargé c’est agréable.

Jour 4

Nous avons 45 km à parcourir sur des routes avec peu d’intérêt. La routine s’installe. On roule, on boit, on mange, on roule, on roule, on boit, on s’éponge, on roule… on change de position sur la selle pour se sentir un peu mieux et on garde le sourire.

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Le cockpit
Le cockpit

Les questions que nous avions avant leur arrivée se sont envolées. Ils assurent, ils ont les yeux grand ouverts, ils font parti de notre quotidien sans que nous n’ayons à faire (trop) de changements. Ils sont flexibles, ne font pas les difficiles pour les repas ni sur les hébergements. Bon c’est mes parents je le savais mais quand même c’est agréable. Sur la route nous sommes en total confiance les uns envers les autres. Tout roule. 

Jour 5

Nous arrivons à Ayutthaya pour la fête des lumières : Loy Krathong. Un peu de repos ne fera de mal à personne car nous avons roulé 5 jours sans relâche. Nous restons 3 jours sur place pour faire un peu de tourisme, prendre du temps avec les filles et préparer des Krathongs avec le personnel de notre Guesthouse.

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Krathong
Krathong
Krathong Krathong Loy Krathog

En route pour Kanchanaburi

La destination finale de notre première équipe est Kanchanaburi là où se dresse le fameux pont de la rivière Kwai. Nous sommes à 150km, soit trois jours de route. Deux jours à 60km et un à 30. Après un bon repos les jambes et les fessiers de nos équipiers sont bien affutés.

Je vois 19km/h affiché sur mon compteur. Ma mère est juste derrière moi.

- « Ca va la vitesse Maman? « 

- « Oui très bien, tu peux même aller un peu plus vite! »

Je monte à 20km/h, inutile de dire que les journées à ce rythme passent vite. L’avantage à cette vitesse c’est que nous oublions presque la chaleur… jusqu’à ce que les gouttes de sueur nous piquent les yeux quand on s’arrête. Le thermomètre flirte avec les 40 °C les deux derniers jours.

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Le rythme soutenu semble faire pousser des ailes à Jean-François.

- « Hey, c’est tout plat, je tirais bien un peu la carriole? » dit mon père alors que nous sommes à un arrêt changement-de-chauffeur. « Bon Lilian, tu passes devant quand même? Je ne peux pas tout faire non plus. Ouvre la route s’il te plaît. »

Il prend mon vélo avec lequel il avait déjà roulé quelques kilomètres, mais sans carriole.

- « 3, 2, 1… aller je me lance! … Oh mais c’est lourd dit donc !… » l’entendons nous lâcher après le premier coup de pédale.

Après deux, trois coups de guidon il est lancé, et on ne l’arrête plus. Sept kilomètre plus tard il est sauvé par la pause déjeuner. Il admet (même pas à demi-mot) que c’est physique. 

Quelque part je suis contente que leur « coup de pédale » soit bien moins physique que le notre. Il faut avouer qu’en 6000km de route nous avons plus d’endurance quand même ;-) En tout cas Bravo à lui pour avoir pris le pilotage de la carriole !

La route continue à travers les rizières et les champs de canne à sucre… pendant 3 jours mais il n’y a rien de monotone. Nous avons des surprises de temps à autre.

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Big Ben, Thailande
Big Ben, Thailande

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Kanchanaburi

Inutile de trop m’étendre sur nos activités à Kanchanaburi, les photos parlent d’elles même… surtout quand il s’agit de présenter notre journée dans le train sur le chemin de fer mis en place par les japonais pendant la seconde guerre mondiale. Oui la journée. Nous avons parcourus les 150km dans un sens puis dans l’autre… et le train n’est pas un TGV ! Alors tout le monde y va de son imagination pour raconter des histoires aux filles.

Death Railway
Death Railway
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Comme on nous l’a fait remarqué nous étions 3 générations sur la route, c’est peu banal ! Une belle expérience familiale qui nous a tous permis de partager des moments privilégiés. Je pense que ce séjour restera un beau cadeau d’anniversaire pour ma mère qui est passée dans une nouvelle dizaine sur un vélo.

Bon ça c’était ma prose, je vous laisse lire les impressions de ma mère sur ces 15 jours.

Ce qu’en dit l’équipe 1, par Christine (mère de Charlotte)

Nous avions prévu la Bolivie, puis l’Irlande et c’est finalement en Thaïlande que nous allons retrouver nos enfants pour 15 jours en novembre. 

Nous avons choisi de partir en voyage d’une façon très différente, en vélo, très très léger (c’est à dire 6 kg) de bagage chacun. Nous ne verrons pas toute la Thaïlande, seulement ce que nous traverserons en vélo. Vivre et mieux comprendre Charlotte Lilian Liv et Tess dans ce « grand voyage ». 

A la descente de l’avion, la chaleur nous agrippe et l’humidité est bien réelle.

Expérience du métro climatisé avec un écran dans les wagons qui passe en boucle la vie du Roi, il est décédé le 13 octobre. Nous arrivons à la gare centrale de Bangkok pour prendre un train couchette direction Nakhon Sawan. Nous sommes plongés dans la foule qui attend dans le grand hall. Quelques moines vêtus de toges oranges font partie du décor. Il fait très chaud et humide.

Après 26 heures de voyage nous voilà au bout du monde, accueillis par Liv et Tess par des dessins de bienvenue.
Charlotte et Lilian ont acheté deux montures nommées « coyote » qui nous attendent dans notre chambre d’hôtel.
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Après un jour de repos nous prenons nos vélos pour entamer notre première journée. Expérience de la route en Thaïlande, ne pas oublier qu’ils roulent à gauche !! Nos repères doivent changer, nous devons être très vigilants et sortir sans encombre du trafic incessant de la ville. Nous roulons en file indienne, celui qui tire la carriole est le premier puis nous deux et le dernier ferme le convoi.

Lilian est le pilote même s’il est derrière, c’est lui qui a la carte étudiée la veille. Il faut toujours rester groupés surtout dans la traversée des carrefours. Charlotte lance les « go go go » pour les changements de file. C’est tout une technique, il faut bien être attentif, bien écouter les consignes et ne pas improviser.

Sur la route nous sommes qu’un. Nous sommes très en confiance avec ces experts du cyclo.

La partie que nous traversons est très plate, il n’y a pas plus plat. Nous voyons des rizières, des champs de canne à sucre, beaucoup de temples le long de la route, des étales vendant quelques bouteilles ou du riz qui colle.

Ce qui nous frappe ce sont les tas d’ordures et des odeurs fortes, les plans d’eau assaillis par les sacs plastique et divers détritus innommables. Les petites filles crient : « du plastique, du plastique ». On peut dire qu’elles sont éduquées écolo !

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Liv et Tess sont impressionnantes de patience dans leur carriole, elles jouent, écoutent de la musique, des histoires, chantent à tue tête, s’endorment quelque fois. Chaque jour Lilian assure la leçon de sciences, d’histoire ou géographie. Liv est avide de savoir.

Avant chaque départ nous faisons climatisation à la provençale c’est à dire mouiller le torchon au dessus de la moustiquaire qui les protège et apporte un peu de fraîcheur !

Sur notre vélo nous admirons le paysage, faisons attention aux chiens, méditons, on change de position pour le fessier ! On ne s’ennuie pas du tout.

Il fait très chaud, on boit beaucoup grâce à notre bouteille accrochée au cadre. Un peu d’air quand on roule en moyenne à 17km/h n’est pas négligeable.

Vous vous demandez si on est douloureux sur nos coyotes ? Pas du dos ni des jambes mais les fessiers on ne vous raconte pas ! Nous essayons d’adopter des positions un peu plus confortables mais pas toujours élégantes.

Chaque jour est préparé la veille, recherche de l’hôtel ou guesthouse ainsi que l’itinéraire le plus « safe » et agréable avec Google. Chaque jour est une surprise.

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Quand nous avons atteint notre lieu de couchage, c’est la détente pour Liv et Tess, quand elles peuvent c’est coloriage, histoires, dînette et quand on a la chance d’avoir une piscine c’est le vrai bonheur.
Nous nous restaurons dans les lieux les plus simples, sans chichi. Il y a toujours de l’eau fraîche, le repas c’est Pad Thai, plat de nouilles avec de la protéine œufs, viande au choix ou riz frit. Le goûter pour les grands c’est une grande bière bien fraîche car on a bien roulé ! C’est notre récompense.

Nous sommes à mi-parcours et la seconde partie démarre demain 15 novembre. Nous devons atteindre Kanchanaburi, lieu du pont de la rivière Kway !! Nous allons faire 2 étapes de 60 km… Presque même pas peur. 

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C’est toujours un peu dur les premiers km, mais très vite on oublie et ça passe vite. On s’arrête pour boire et permettre aux petites filles de se dégourdir. Puis on repart pour admirer toute la diversité que nous offre la route.

Le clou de notre voyage fut le festival des lumières. Les festivités ne furent pas ce que nous attendions car le deuil du roi a interdit le feu d’artifice et les concerts…

Par contre nous avons eu la chance de fabriquer des  krathongs grâce à notre hôtesse de la guesthouse de Ayuthahya, lieu historique.

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Le krathong est fait d’une tranche de tronc de bananier qui devient un plateau sur lequel on pique en décoration des feuilles de bananier, des fleurs, bougies et encens.

Nous sommes partis chacun avec notre confection, dans un tuktuk pour aller au bord de la rivière où le temple Cha Watanaram se dresse. Nous avons déposé notre offrande sur l’eau du fleuve et fait un vœu. C’est une tradition en Thaïlande pour célébrer la fin de la mousson.

Les personnes sont très accueillantes et généreuses, sur le bord de la route ils nous offrent pommes boisson énergisante et de l’eau.

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Nous voici à la fin de notre périple, nous sommes fiers d’avoir participé à cette aventure hors du commun avec Charlotte Lilian Liv et Tess. Nous n’aurions jamais eu cette idée de faire du vélo en Thaïlande.
Bravo à eux d’avoir atteint les 6000 km depuis janvier. Nous sommes très admiratifs de ce « grand voyage »  car nous avons pu vivre le quotidien de cette aventure et mieux comprendre leur démarche.

Merci beaucoup pour tout.


 

Christine et Jean-François nous ont suivit pendant deux semaines cumulant un total de près de 400km en 8 jours sur la route. Avec un rythme moyen de 17km/h à travers les plaines centrales de la Thaïlande.

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Bravo à eux, suite des aventures avec la prochaine équipe !

En route ! DCIM101GOPRO DCIM101GOPRO Exploration DCIM101GOPRO DCIM101GOPRO Le cockpit DCIM101GOPRO Big Ben, Thailande DCIM101GOPRO Sukhothai Sukhothai p1160463 p1160512 p1160554 p1160558 p1160585 p1160630 Vous avez dit "shiny" ? p1160691 p1160715 p1160716 p1160754 Krathong Krathong Krathong Ayuthaya Ayuthaya Ayuthaya Loy Krathog p1160962 p1160992 p1170086 p1170096 p1160982 p1170109 Death Railway p1170137 p1170201 Death Railway p1160989 p1160975 p1170283 p1170265 p1170214 p1160848

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Cap au Sud

Contre-temps

19 octobre 2016 – Nous venons de faire 200m depuis l’hôtel, je suis à terre, mon vélo est sur moi. Il n’aura fallut qu’une seconde d’inattention pour que je percute la carriole et que mon vélo tombe à la renverse me déposant relativement gentiment sur le côté de la route. Quelques instants auparavant Taka, de l’autre côté de la route, nous salue du haut de son vélo. Lilian et moi le saluons en retour mais je ne m’aperçois pas que Lilian a freiné pour s’arrêter. Je ne suis pas encore debout que Taka a traversé la route, Lilian a sauté de son vélo pour m’aider à me relever. Mon vélo est à nouveau droit, moi je suis pliée en deux, je ne peux plus poser le pied droit à terre, mon genou est engourdit, mes jambes sont en mousse et ne supportent plus mon poids. J’attrape la bouteille d’eau qui est sur mon porte bagage et je nettoie tout de suite mon genou couvert de sang. Taka est très embarrassé, il se sent coupable. Il déplace le vélo de Lilian pour que les filles soient à l’ombre. Elles ne se sont aperçues de rien et continuent d’écouter des chansons en compagnie des dames qui vendent des brochettes sous leur parasol. On désinfecte tout de suite la plaie de 2cm et un peu profonde. Seul le cuir de la peau est touché, après avoir posé quelques steristrip et avoir bu un coup d’eau je me remets en selle. Nous reprenons la route sous le regard désolé de Taka qui s’en veut terriblement. Ce n’est la faute de personne, c’est un concours de circonstances, personne ne doit s’en vouloir, il faut continuer à avancer.

Mes paumes de mains sont égratignées, un grand classique qui rend difficile de trouver une position agréable sur le guidon. Grâce à mes cornes je finis par trouver une position assez satisfaisante. C’est parti, après un faux départ nous pouvons commencer la journée ! Lilian reste devant mais fait attention à garder une vitesse assez basse pour que j’arrive à suivre.

Mon genou me brûle, rien de plus normal j’ai quand même une plaie. Je pousse plus sur la jambe gauche et puis voila, ça va le faire. 1 km plus loin je n’arrive pas à sourire aux Thaïlandais qui me lancent des « Sawat die kha« … Aurais-je perdu le sourire dans la chute? L’effort pour rester concentrée sur la route et sur mon pédalage est en fait trop important, j’ai beau être une femme je n’arrive plus à faire deux choses à la fois. 2 km plus loin je sens tout mon corps qui me rappelle à l’ordre : « Hey dis cocotte, tu t’en vas où comme ça ?« . Je demande à Lilian de faire une pause : « Je ne me sens pas bien il faut qu’on s’arrête un peu« . Mon pansement est plein de sang, les steristrip n’ont pas tenu, la plaie est trop humide, de sang, de biseptine, de sueur. Inutile de pousser plus, la route attendra. Nous faisons demi-tour. Il y a un hôpital dans la ville que nous venons de quitter, jouer les durs n’avance à rien, allons y faire un tour.

La pharmacie et le cabinet du médecin ne font qu’un. La salle d’attente est ouverte sur la rue. Nous garons nos vélos à côtés des scooters, j’essaie ma sueur autant que je peux avec mon bandeau et nous nous déchaussons pour entrer. Lilian et les filles restent sur les chaises à l’extérieur. Je m’assieds avec un peu d’hésitation sur un banc à côté d’une dame qui est rentrée en même temps que moi. Je sens que derrière le comptoir les assistantes médicales me regardent avec discrétion. J’attends mon tour, ils m’ont tous repéré., inutile d’en faire plus.

Les regards en disent long. J’ai le pressentiment qu’elles ne parlent pas anglais. Je demande à Tess de me passer le petit carnet « Point-it » que nous avons avec nous. Ce manuel regroupe des photos qui « doivent » permettre de communiquer dans une langue que l’on ne maitrise pas en montrant simplement les images. Yes ! nous ne le trimballons pas depuis 10 mois pour rien, il va enfin servir ! Et contre toute attente le médecin sort de son cabinet et me fait signe d’approcher. Il parle anglais lui, tant pis le « Point-it » ne servira pas aujourd’hui. Par contre il ne peut rien faire pour moi il faut aller à l’hôpital qui est juste derrière.

On remonte sur les vélos et 100m plus loin un hôpital en bonne et due forme se présente à nous. Nous garons les vélos, j’essuie à nouveau les grosses gouttes de sueur avec un bandeau, nous enlevons nos chaussures et nous présentons à l’accueil. En 2 minutes nous sommes entourés de tout le service de l’hôpital qui vient photographier, toucher et questionner les filles. Tout ce beau monde reste avec nous dans la salle de soin qui donne sur l’extérieur. L’infirmière me pose 2 points, me donne des antibiotiques, des antidouleurs et des gélules de vitamine C pour les filles (elles n’ont pourtant pas l’air d’être en si mauvaise forme que ça ;-) ) Il faudra faire enlever mes points dans 7 jours dans un autre hôpital.

Piqure de l'anesthésie - même pas mal
Piqure de l’anesthésie – même pas mal

La rapidité de la prise en charge et l’accueil que nous avons reçu nous font presque plaisir d’avoir vécu cette expérience.

Pays du sourire et du coeur sur la main

Retour à l’hôtel où le gérant est désolé de nous revoir et avec la plus grande gentillesse nous donne une chambre supérieure à celle de la veille pour un prix inférieur, de plus il a envoyé son fils acheter des compresses et du sparadrap !

Lilian part faire quelques courses et croise Taka qui ne sait plus comment s’excuser pour l’incident du matin. Il passe une bonne partie de l’après-midi avec nous. Il est sur la route avec son vélo depuis 18 mois et suite au vol de sa monture il est coincé sur un petit vélo pliable peu efficace qui ne lui permet pas de « sortir » de cette ville entourée de montagnes. Taka dessine pour les filles, nous raconte ses histoires et nous offre une médaille du roi que les moines lui ont donné pour qu’il la donne à des personnes qu’ils croisera sur sa route. Nous sommes touchés.

Le lendemain Taka nous attend devant notre hôtel pour faire les premiers km de la journée avec nous. Quand nous le quittons il n’y a plus de sourire sur son visage, on sent qu’il est inquiet pour nous et qu’il se sent coupable. Nous avons un pincement au coeur et ferons doublement plus attention à l’endroit où nous mettons les roues cette journée là.

Ce pays est vraiment très accueillant et nous épate tous les jours. Les actes de gentillesse des Thaïs à notre égard sont quotidien et chaque fois cela nous touche toujours autant. Nous ne comptons plus le nombre de bouteilles d’eau, les kilos de fruits et autres aliments qui nous ont été offerts en quelques jours. Les stations de police ont des aires de repos dédiées aux cyclistes où nous pouvons remplir nos gourdes, prendre un café et (tenter de) faire descendre notre température corporelle sous le ventilateur. Toutes les personnes que nous croisons nous offrent leur plus beau sourire. Dans les campagnes la végétation est dense et on ne voit pas toujours les personnes qui nous lancent « Hello », « Welcome » avec beaucoup d’énergie positive.

La sortie des montagnes

Depuis Chiang Rai, logé au nord du pays au milieu des montagnes, nous nous attendons à avoir encore un peu d’oscillations sur notre altimètre mais pour nous le plus dur est (déjà) derrière nous. En effet le col que nous avons passé en partant de Thaton pour aller à Mae Chan nous a mis à rude épreuve pendant 1h30 et sur 4km. Nous avons été contraint à 4 pauses pour reprendre notre souffle et (re)boire toute l’eau perdue dans les grosses gouttes de sueur.

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Bref, les grosses ascensions sont derrière nous… oui sauf que nous sommes toujours au coeur de ce massif montagneux qui s’étend encore sur 400km vers le sud… là où nous allons…

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20 octobre 2016 : Départ de Ban Mae Kashan

Plus nous progressons vers le sud plus nous nous disons que la journée va être facile, à traduire par « moins de côtes raides ». Sachez chers lecteurs que les chiffres peuvent masquer beaucoup de détails importants. Quand on prévoit une journée de 64km avec 400m de dénivelé c’est pas le dénivelé total qui est important mais les pentes. Lilian prépare toujours super bien les itinéraires et suis en direct les côtes, distances etc… mais là encore il peut y avoir des surprises. Sur cette fameuse journée de 64km nous avons un faux plat montant de 30 km puis une montée raide de 130m divisée en 3 parties.

Une pause avant la montée
Une pause avant la montée

Nous sommes prêts pour cette grimpette qui arrive en plein milieu du parcours, ce qui n’est pas négligeable. En fait à cause de l’amplitude kilométrique de la journée et de l’important pic au trentième kilomètre, les oscillations des 30 premiers km ont été masqué dans notre évaluation. En fait, nous nous échauffons sur des dents de scies d’une petite dizaine de mètres et bien raides sous une chaleur humide de 36°C.

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Un petit coup d’oeil à la carte

L’avantage c’est qu’après une montée ça descend et ça fait un peu de vent ;-) En fin de journée nous sommes sur les rotules, surtout Lilian car il a tiré la carriole toute la journée pour ne pas que je force sur mon genou. Nous trouvons un hôtel en campagne à Chae Hom. Contents de n’y passer qu’une nuit car il n’y a nul part où manger après 17h30. Tout le monde est couché à 19h30 ce qui n’est pas plus mal car la journée suivante est la même pour aller à Lampang.

Une fois en ville nous prenons 2 jours de repos bien mérités pendant lesquels nous prenons plaisir à faire un peu de tourisme.

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Lampang p1160123 Moment détente Lampang Lampang Marché de nuit Lampang

Remix du lièvre et de la tortue

24 octobre 2016 – Départ de Lampang

Suite aux mauvaises surprises des derniers jours Lilian tourne les itinéraires dans tous les sens pour éviter d’avoir trop à monter. Je sens que les deux derniers jours à tirer la carriole tout seul l’ont vraiment fatigué. Les filles ont grandi, la carriole pèse maintenant près de 60kg, oui quand même !

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La veille de notre départ le chef de famille de la GuestHouse familiale où nous séjournons tient à nous faire éviter l’axe principal et nous indique exactement le même itinéraire que celui que Lilian avait tracé. Nous ne pourrons donc pas mieux faire en terme de dénivelé. Nous avons 70km à faire et 600m D+. Cette fois ci nous nous relayons car mon genou ne me fait plus souffrir.

Là encore la journée commence par 25km de faux plat montant à travers la campagne sur des belles routes au milieu des rizières.

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Les pouces en l’air (« like ») sortent des fenêtres, les sourires et encouragements sont là. La journée commence bien, nous sommes en pleine forme ! La montée arrive.

Il y a pas mal de traffic sur la route mais la zone de travaux sur la voie de gauche (on roule à gauche ici) nous permet d’être un peu protégés des voitures qui arrivent de derrière. Ils sont en train de refaire la glissière de sécurité. Le béton armé est soudé sur place sous cette chaleur de plomb, un peu plus en amont il y a le stand pliage des barres de fer, toute la chaine de production est sur place !

Les encouragements sont toujours en rendez-vous, la pente est raide puis s’aplatit un peu avant d’être très raide. Nous poussons sur les pédales en nous félicitant d’avoir changé notre braquet (0,6). Cela nous permet de mieux grimper qu’en Amérique centrale (braquet >1).

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Un vélo de route nous double dans la montée en nous lançant un « Hello ». Il va tellement vite que nous remarquons seulement que ce n’est pas un local à cause de ses poils aux jambes. Oui j’ai quand même eu le temps de voir ce détail ;-). Dans la minute qui suit, un thaïlandais cette fois-ci, nous double. Nous qui avions l’impression de bien avancer… bon tout est relatif car comme on dit « ils sont tout nu » : juste une gourde en guise de chargement ! Et puis voila qu’un tandem de Canadiens nous passe, puis deux américains qui nous lancent en pleine montée : « Comment allez vous? » Heu… comment dire, ça allait il y a quelques minutes mais là c’est un peu déprimant d’avoir autant de personnes qui nous passent devant alors que les cyclistes ne courent pas les rues… Et puis un minivan de l’agence de voyages qui organise cette belle virée cycliste nous dépasse. Malgré le petit coup de mou, parce que nous étions (un peu) en train d’en baver dans cette longue montée de 7km, nous sommes contents d’être des escargots qui portons notre maison.

Le groupe nous attend après la grande descente qui suit cette grande montée. Ils sont partis de Chiang Mai (comme nous il y a un mois) la veille et seront à Bangkok dans 11 jours. Les deux mois que nous avons devant nous les laissent rêveurs.

Ils nous posent des dizaines de questions auxquels nous répondons avec grand plaisir. C’est chouette de pouvoir parler en anglais et non avec des signes.

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Après encore 2 jours avec grimpettes surprises assez raides nous finissons par arriver à Sukhothai qui marque l’entrée dans la région des plaines ! Cette fois-ci les côtes sont VRAIMENT derrière nous, à nous le plat, direction le SUD !

 

Lampang Lampang Tourisme à Lampang Marché de nuit Lampang Lampang Jeux d'enfants - nourrir les poissons Jeux d'enfants p1160186 p1160238 p1160243 p1160251 En approche du parc national de Si Satchanalai Monument du parc national de Si Satchanalai Moment détente p1160123 Sous la pluie mais heureux On refait le plein p1160265 p1160269 Piqure de l'anesthésie - même pas mal image2 Montagnes du Nord image7 image8 Allez, encore une ! Entrée dans Sukhothai par la porte de derrière

 

 

 

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Nord de la Thaïlande à vélo https://oneyearofadventures.com/cycling-south/nord-de-la-thailande-a-velo/ https://oneyearofadventures.com/cycling-south/nord-de-la-thailande-a-velo/#comments Sun, 16 Oct 2016 10:16:36 +0000 http://oneyearofadventures.com/?p=3132 Nord de la Thaïlande à vélo Nous sommes le 18 juin 2016 il est 11h et nous sommes à St-Ives, Cornwall en Angleterre. Cela fait 30h que nous ne sommes pas sortis de la tente, enfin presque. J’en suis sorti 2 fois, une hier soir pour préparer le repas sous la pluie, et une seconde...

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Nord de la Thaïlande à vélo

Nous sommes le 18 juin 2016 il est 11h et nous sommes à St-Ives, Cornwall en Angleterre. Cela fait 30h que nous ne sommes pas sortis de la tente, enfin presque. J’en suis sorti 2 fois, une hier soir pour préparer le repas sous la pluie, et une seconde fois ce matin pour faire cuire le porridge, toujours sous la pluie mais le brouillard en plus. Les filles ont été adorables jusqu’à présent mais il faut qu’on sorte. Habillés, nous nous précipitons vers le café du camping pour se dégourdir les jambes et se réchauffer.

« On ne va pas pouvoir continuer comme ça, nous sommes sous la pluie et dans le froid depuis plus d’un mois… et c’est l’été ! On peut pas rester en Europe pour la fin d’année, cherchons un endroit chaud pour finir ce voyage… »

Quelques minutes plus tard, nous gribouillons une liste de destinations « soleil ». Encore quelques minutes plus tard les billets sont réservés.

27 septembre 2016, nous passons commande de notre premier pad thaï sur le rooftop de notre hôtel à Bangkok, enveloppés dans une chaleur moite dans laquelle les odeurs semblent ne jamais se dissiper mais toujours se mélanger.

La visite de la capitale, ce sera pour plus tard, nous nous échappons au plus vite de la ville par le train de nuit, ou « train à touristes ». Les locaux préfèrent l’avion pour les déplacements dans le pays. Notre guesthouse n’est qu’à 600m à vol d’oiseau de la gare mais trainer notre chargement jusque là bas est déjà une épreuve !

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Notre convoi ne passe pas inaperçu dans la gare et pendant les 7 heures d’attente, les filles vivent pour la première fois en Asie ce moment où éclate votre bulle d’intimité. Toucher de cheveux, prise par les épaules, les bras, selflies pour les uns, photo de groupe pour les autres, le tout accompagné de questions en Thaï dont nous ne comprenons rien. Une belle immersion !

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A vos marques…

Nous passons 3 jours à Chiang Mai pour découvrir cette capitale du Nord et s’acclimater à ce nouveau pays. C’est aussi l’occasion de remonter en selle s’essayer aux montagnes. Direction le temple de Doi Suthep, 1000m de dénivelé sur 10km. Nous montons doucement mais surement vers le sommet, en essayant de trouver un rythme. Exercice difficile car la pente n’est pas régulière. Les chauffeurs de TukTuk qui attendent leur prochaine course nous récompensent de leur applaudissement lorsque nous arrivons au sommet, merci !

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Prêts ?

De retour à la guesthouse nous repassons le film de notre journée avec Charlotte : c’était difficile mais faisable (fait !). Clairement, cette ascension est « à la hauteur » de ce qui nous attends plus au Nord.

Le premier parcours envisagé est une route qui serpente au nord-ouest du pays pendant 500km avec environ 5 à 6 ascensions du calibre de celle-ci. La deuxième option est de dessiner une boucle du côté nord-est, à peu près la même distance mais moitié moins de dénivelé. Dans les deux cas, il faut d’abord s’extraire de la ville et rouler plein Nord pendant une quarantaine de kilomètres, après quoi il faut choisir Est ou Ouest.

La veille de partir la décision de ne pas décider est prise ! Nous partirons au Nord, essayerons la première ascension à l’Ouest et en fonction du résultat, déciderons de continuer ou de bifurquer à l’Est.

Partez !

La sortie de Chiang Mai est comme prévue : ennuyeuse, chargée de voitures, scooters et bus.

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Au kilomètre 30 les choses s’améliorent, la verdure est de plus en plus présente. Nous repérons un petit hôtel au bout de 45km où une jolie cabane en bambou nous tend les bras. Les sacoches déchargées, nous remontons en selle pour aller voir une cascade située à mi-chemin de la première ascension type « Doi Suthep« .

Les panneaux annoncent un fort pourcentage de montée, je tombe toutes les vitesses et attaque avec un rythme lent mais régulier. La jungle est maintenant partout, elle déborde sur la route, nous sommes exactement là où nous voulons être. La pente raidit encore et je sens que nous approchons la limite de ce que nous pouvons faire. Alors que nous sommes dans la partie la plus raide, et que je pense que c’est gagné, ma roue arrière se met à patiner. Nous sommes à la fin de la saison des pluies, le bitume est gras, humide, et nos pneus trop fins, trop lisses, notre chargement trop lourd. Pied à terre. Je suis obligé de d’écraser les poignées de frein sans quoi la carriole nous trainerait jusqu’en bas.

Charlotte m’aide à pousser la carriole dans ce mur. 100m plus loin, il faut se rendre à l’évidence, nous n’y arrivons pas. Ceux sont maintenant mes chaussures qui glissent sur la route lorsque je pousse mon vélo. Les filles sont alors invitées à descendre et à marcher sur le bord de la route.

Contraints de faire descendre les filles.
Contraints de faire descendre les filles.

La récompense est à la hauteur de la difficulté. Nous abandonnons les vélos sur un parking et nous enfonçons à pied dans la jungle par un sentier qui remonte le long d’une rivière, rendue boueuse par la pluie de la nuit.

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Les filles jouent et se baignent dans les vasques. Un merveilleux moment de partage en famille, une belle conclusion à cette première journée de vélo en Asie.

A l'aventure ! p1150278 p1150285

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De retour à notre cabane sur pilotis nous décidons de partir à l’Est. Nous savons maintenant, d’expérience, que 500km dans les mêmes conditions que cet après midi ne donneront rien de bon.

Le matin du deuxième jour, un des pneus de la carriole explose ! J’arrive à bricoler une réparation pour finir l’étape et trouver une solution plus pérenne. Après avoir visité de nombreuses boutiques, aidé par le staff de notre hôtel, je finis par trouver, sorti de nul part un pneu de la bonne taille !

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Les jours suivants nous filons à bonne allure malgré les 800 à 1000m de dénivelé quotidiens et les 35 à 40 degrés en plein soleil.

Arrêt forcé en pleine côte
Dernier col – 14%

Nous passons une journée de pause à Tha Ton, où les crêtes montagneuses nous séparent de la Birmanie. Puis le cap s’oriente à l’Est. Nous roulons au travers de magnifiques reliefs déchiquetés et engloutis sous la végétation. Deux jours plus tard, nous posons nos sacoches à Chiang Saen, petit village sur les bords du Mekong. Le fleuve marque ici la frontière avec le Laos voisin.

Mekong
Mekong
p1150348 Marché, Chiang Saen p1150433 p1150447 p1150405 Tha ton au petit matin

Chiang Saen, est une étape particulière, c’est le point le plus au Nord de notre voyage dans ce pays. De là nous irons toujours vers le sud et sommes, de fait, raccords avec le nom de notre expédition « Plein Sud à Vélo » :-)

62 kilomètres plus tard, Chiang Rai. L’entrée en ville est bruyante et stressante comparée à notre paisible itinéraire au milieu des rizières, accompagnés de centaines de sourires et d’encouragement. Mais la route est maintenant très plate, nous roulons vite ! Nous arrivons à tenir une moyenne de 21km/h parfois. Il faut dire aussi que nous avons maintenant « les cuisses ». Nous sommes en effet dans notre 10eme mois de voyage à vélo à tracter près de 100kg !

Ce rythme nous plaît bien car il nous permet de réaliser de bonnes étapes en ne roulant quasiment que le matin. Liv et Tess ont grandi depuis Janvier et leurs besoins ont évolués. En étant disponibles pour elles en début d’après-midi, nous avons du temps pour jouer, bouger, visiter et discuter ensemble. Le reste du pays devrait être (très) plat, ce qui est parfait pour terminer cette année en carriole.

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A Chiang Rai, nous prenons 3 jours de repos dans une auberge de jeunesse où défilent les backpackers du monde entier. Nous sourions à les entendre planifier la suite de leur voyage à 100 à l’heure. Les tour-operators proposent de rallier Chiang Mai en trois heures, nous avons mis 5 jours (et 4000m de dénivelé !). Les restaurants « occidentaux » et coffee shop sont partout. Certains salons de massages semblent bien moins innocents que ceux des campagnes.

La ville en Thaïlande peut se résumer à ce simple choix : que faire avec 3€? Vous pouvez vous offrir un burger-frite, où manger « local » à 2 adultes et 2 enfants :-) Depuis le début de l’année nous nous sommes habitués à manger « toujours la même chose » pour être dans le budget.  Ici c’est Pad Thaï et riz frit !

Séance photo Rizières Temple blanc, Chiang Rai C'est à moi que tu parles ?! Night call Clock Tower à Chiang Rai Son et lumière à Clock Tower p1150665 p1150604 "Lucky leaf" déposée sur l'arbre à prière d'un temple Lucky Thailand p1150500 Liv teste sa veste sous le déluge p1150082 Chargement des vélos dans le train entre Bangkok et Chiang Mai p1140976 Tess fière d'avoir montré son dessin au Moine Attention aux éléphants sur la route

Vidéos

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Irlande en vélo et van https://oneyearofadventures.com/cycling-south/irlande/ https://oneyearofadventures.com/cycling-south/irlande/#comments Sun, 09 Oct 2016 09:20:33 +0000 http://oneyearofadventures.com/?p=3095 Irlande en vélo et van La traversée en ferry de l’Ecosse vers l’Irlande du nord ne dure qu’une grosse heure. Inutile de plus pour se préparer à ce qui nous attend. Nous n’avons pas l’impression d’avoir changé de pays car nous retrouvons les mêmes nuages, la même verdure, nous roulons toujours à gauche, les distances...

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Irlande en vélo et van

La traversée en ferry de l’Ecosse vers l’Irlande du nord ne dure qu’une grosse heure. Inutile de plus pour se préparer à ce qui nous attend. Nous n’avons pas l’impression d’avoir changé de pays car nous retrouvons les mêmes nuages, la même verdure, nous roulons toujours à gauche, les distances sont en miles, les prix en livre sterling. En pleine période estivale, nous nous fondons dans la masse des touristes. Cela fait quelques semaines que nous allons d’une place à l’autre en suivant plus ou moins le flux des camping-car et voitures de location.

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Débarquement au camping de Belfast où nous rencontrons Béatrice, Eric, Etienne et Léopold, en vacances dans le coin. Les enfants jouent avec plaisir ensemble : les filles se font chouchouter par les grands garçons très sympa. L’idée de descendre les vélos de l’arrière de leur camping-car pour aller visiter la ville le lendemain leur fait pousser des ailes. C’est donc en grand cortège que nous empruntons la voie cyclable en direction du centre ville qui est à 15km de là. C’est une grande première pour eux et nous sommes très heureux de leur permettre de visiter la ville autrement que comme ils en ont l’habitude, c’est à dire en bus. Le musée d’histoire naturelle est un moment fort de la journée avant de sillonner les rues de la ville la tête en l’air pour admirer les bâtiments du centre ville.  Ce moment de partage nous est cher car enfermés dans notre van depuis des semaines nous étions en manque d’échange. Il n’y a rien à dire, c’est sur les vélos que nous avons le plus d’occasion de faire de belles rencontres.

En mode Vélo-Van

Rechargés à bloc après cette journée en vélo nous optons pour un nouveau mode de déplacement : le vélo-van. Un adulte part en vélo et l’autre conduit le van. Les filles elles choisissent leur mode de transport.

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Liv et moi prenons le vélo et la carriole pour sortir de Belfast pour retrouver Lilian et Tess à Larne quelques heures plus tard. La sortie de ville est parfaite pour les vélos, la piste cyclable a même ses propres feux de circulation. C’est un vrai plaisir de partager ce moment avec Liv. Seule dans la carriole elle est au milieu et peut disposer de toute la place dont elle souhaite. Le sourire accroché à nos deux visages nous avons l’impression de voler sur la route. Lilian a du mal à nous rattraper… oui ok il est passé faire des courses, changer son pédalier et faire le plein d’essence mais quand même… nous arrivons avant eux.

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Le lendemain c’est au tour de Lilian de prendre son deux roues avec Tess pour continuer notre parcours de la côte Nord de l’Irlande. Le temps est au beau fixe seulement la première demie-heure, ensuite ils prennent une douche : Normal ! La côte est magnifique et chaque petit village donne envie de s’arrêter pour prendre refuge dans le (toujours aussi accueillant) pub. Nous enchainons les spots de bivouac sur des parkings qui nous offre des panoramas magnifiques pour commencer la journée.

La météo nous pousse à nous réfugier (à nouveau) dans le van : vent violent et pluie torrentielle. Nous enchainons les nuits à dormir sur les sièges avant du van afin de ne pas prendre le risque que la tente ne s’arrache du toit.

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Cela fait 3 mois que nous sommes sous la pluie, le moral fait le yoyo au gré de la météo. Notre van est bien équipé (tente de toit, sièges avant pivotant, lit des filles à l’arrière qui reste en place même quand on roule) et tout est à portée de main mais nous rêvons de pouvoir manger dehors, de faire sécher notre linge… et monter sur les vélos… ces petites choses quoi!

Sur la route

Nous sommes au nord ouest de l’Irlande du Nord et continuons notre progression sur les routes vers le sud. Nous passons en Irlande (du sud) où les prix passent, sans crier garde, en euros, les distances se mesurent en kilomètres mais on ne change toujours rien en ce qui concerne la météo (si ce n’est en pire)…

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Certes l’eau est turquoise mais les personnes sont en KWAY

Sardou et sa chanson mythique sur les Lacs du Connemara nous accompagne dans cette région si belle et … comment dire… particulière. En écoutant bien les paroles nous comprenons mieux où nous avons mis les pieds.

Terre brûlée au vent.
Des landes de pierre, 
Autour des lacs, 
C’est pour les vivants 
Un peu d’enfer, 
Le Connemara. 
Des nuages noirs 
Qui viennent du nord …

Bivouac au bord d’un lac dans le Connemara

« Ouais, j’ai bivouaqué au bord d’un lac dans le Connemara ». Cette phrase peut en faire rêver plus d’un… ou pas. Le Connemara est plein de Français, certainement à cause de la chanson de Sardou qui fait rêver en fin de soirée. Vous savez donc certainement de quoi je parle quand je fais allusion à cet atmosphère si particulière. Si vous ne voyez pas, je vous invite à aller visiter l’Irlande, ça vaut vraiment le coup malgré tout ce que je dis.

Les Lacs du Connemara

Nous passons un lac puis un autre, la route tortille sur les collines, nous cherchons un petit coin de terre « dure » (en opposition avec la tourbe dans laquelle on s’enfonce) pour se garer et passer la nuit à l’abris du vent. Le voila le spot idéal : au bord de l’eau (et de la route mais seuls les touristes passent par là donc cette nuit on sera tranquille) et à plat. Nous nous garons dans le sens du vent quand même au cas où. Les rides sur le lac ne sont pas très prononcées mais on ne sait jamais.

Lilian prépare le repas : pâtes à la sauce tomate ! Ce soir c’est fête car nous avons l’eau du lac pour faire la vaisselle, cela nous change de la « vaisselle Sopalin ». Nous voila donc au paradis. Les filles jouent sur la plage et tout le monde passe un super moment. Le Connemara c’est pas tant l’enfer que ça.

Nous nous couchons tous dans nos couchettes respectives, tout se passe très bien jusqu’à 2h du matin. Le vent violent est prêt à rabattre la tente sur nous. Nous commençons à avoir l’habitude… allez, une nuit de plus sur les sièges avant, pliés en 4. La voiture tremble de toute sa carrosserie au grès des rafales de vent. La nuit noire accentue l’ambiance mais nous retrouvons le sommeil assez facilement.

« Je veux remonter sur mon vélo ! » Malgré la nuit un peu agitée, une chute habillée dans le lac le temps d’aller au petit coin et la pluie menaçante je prends mon vélo pour faire les 35 km qui nous séparent de la prochaine ville. Lilian et les filles m’y attendront. A la sortie du lit (du van) une voiture et 4 motos sont sur notre terrasse – tous des français d’ailleurs. Oups j’avais oublié mes tatouages au feutre sur les jambes, je vois des sourires sur le visage de nos voisins.

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L’échauffement est un peu long mais je me suis mis comme objectif d’avoir une vitesse moyenne de 20 km/h. Je fais le tour de 2 lacs dont on ne voit pas le bout tellement le brouillard est épais. J’ai chaud sur le haut du corps mais mes jambes sont gelées. Allez, il n’y a que 35 km et une fois arrivée je pourrais me changer et me réchauffer. Je croise un cyclotouriste qui tire ses affaires dans une carriole, cela me fais sourire.

Je me rend à peine compte que je suis trempée, le brouillard est en faite une très fine bruine. A l’arrêt le petit coup de vent est dangereux alors je ne lâche rien et je continue. Mes tatouages en feutre coulent sur mes jambes et finissent par colorer mes chaussettes.

Je retrouve le van, je me sèche vite et je mets des habits un peu moins mouillés que ceux que je porte. Un vrai stand de formule un.

On craque

Nous rêvons de chaleur, de sec, d’un lit, d’une table pour manger, de chaises, d’un toit.. d’un peu de confort en fait. Mon frère Victor doit arriver dans quelques jours à Dublin. Nous remarquons que cela fait 2 mois que nous ne nous dormons dans le van et sous la pluie. Nous nous offrons un peu le confort le temps d’un week-end dans un petit appart en périphérie de Dublin. Autant dire que nous n’avons pas mis le nez dehors, nous avons bien profité de tout ce qu’offrait l’appartement : 2 chambres séparées du salon, une salle de bain avec baignoire, une cuisine, une machine à laver qui sèche aussi le linge… Nous sommes donc tout propres et bien reposés pour accueillir le frérot et lui faire découvrir nos aventures. 

Jouer sur une table

Immersion totale

Avec la visite de Victor d’une semaine nous pensions nous remettre en selle par groupe de deux et ainsi reprendre le rythme de vélo-van. Mais c’était sans compter sur la pluie qui ne nous quitte pas. Nous avons un témoin vivant qui peut attester que cette année (allez soyons sympas ne faisons aucune généralité) il a beaucoup plut sur les îles du grand nord de l’Europe. Nous avons réussit à pique-niquer un midi dehors au bord de magnifiques falaises, grand moment de communions avec la nature.

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Photo prise au mois d’août (doudoune et capuches…)
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La côte sud ouest de l’Irlande est magnifique, les falaises nous immergent dans des beaux rêves d’aventures et de conquêtes du temps des vikings.

Au bout de deux jours Victor touche du doigt la difficulté de se mettre en selle : il fait froid (entre 10 et 18 degrés) et tout est trempé, même les vestes de pluie se sèchent pas alors ne parlons pas de nos chaussures. Seuls les Crocs nous permettent d’avoir les pieds au sec car elles sèchent vite mais impossible (et interdit par la brigade du style… mais ça on s’en fou) de les mettre avec des chaussettes car elles sont mouillées en 5 minutes… donc on a quand même froid aux pieds.

Victor aux fourneaux

Bref, cela ne nous empêche pas de nous en mettre plein les yeux avec de magnifiques routes, des bivouacs sur des petits ports de pêcheurs bien tranquilles. Nous avons le temps de refaire le monde des dizaines de fois entre deux parties de Dooble ou de Mikado.

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Dublin

Nous finissons nos aventures à Dublin que nous visitons à vélo. La ville est vraiment très belle et y circuler à vélo reste un super moment. Comme toute traversée de ville avec la carriole c’est sportif et le taux d’adrénaline monte très vite mais c’est que du bonheur. D’autant plus que nous ne sommes pas les seuls sur la piste cyclable. Nous la partageons avec les locaux qui ont troqué leur costume pour une tenue en lycra le temps de rentrer à la maison, ou une femme encore en tailleur qui n’a changé que ses chaussures…

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Malgré le peu de kilomètres parcourus à vélo, la pluie et le froid nous avons aimé nos trois mois passés entre l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Ecosse et l’Irlande. Nous gardons en mémoire les magnifiques rencontres que nous avons faites dans les Cornouilles et dans le parc de Snowdonia et les paysages époustouflants que l’Ecosse et l’Irlande nous ont offerts.

Nous repartons avec nos vélos pour de nouvelles aventures au chaud en Thaïlande pour finir notre année.

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p1140582 Les Lacs du Connemara p1140607 p1140597 p1140587 p1140591 p1140594 Jouer sur une table p1140630 p1140632 p1140633 p1140636 p1140640 p1140659 p1140663 p1140676 p1140679 p1140681 p1140686 p1140691 Victor aux fourneaux p1140702 p1140711 Bibliothèque de Dublin p1140762 p1140776

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Chasse au trésor pour enfants https://oneyearofadventures.com/cycling-south/chasse-au-tresor-pour-enfants/ https://oneyearofadventures.com/cycling-south/chasse-au-tresor-pour-enfants/#comments Sat, 13 Aug 2016 23:11:19 +0000 http://oneyearofadventures.com/?p=3059 Pirates en herbe Comment occuper deux enfants lors d’un road trip pluvieux en Ecosse ? Coincés depuis la veille dans le van nous décidons d’organiser une chasse au trésor pour les filles. Celles-ci ont développé un vif intérêt pour les pirates et leurs aventures depuis notre traversée de l’Amérique Centrale à vélo. J’ai donc profité qu’elles étaient...

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Pirates en herbe

Comment occuper deux enfants lors d’un road trip pluvieux en Ecosse ? Coincés depuis la veille dans le van nous décidons d’organiser une chasse au trésor pour les filles.

Celles-ci ont développé un vif intérêt pour les pirates et leurs aventures depuis notre traversée de l’Amérique Centrale à vélo. J’ai donc profité qu’elles étaient en train de dessiner dans leur coin pour aller enterrer sur la plage un jeu de société emballé dans un sac de pirate.

Afin que cette activité leur serve aussi à apprendre la lecture des cartes j’en ai préparé 2. Pour plus de réalisme (et pour m’amuser !) les cartes sont froissées, roulées dans le sable et brulées sur les bords.

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La première carte au trésor.

La première couvre un rayon de 50m autour de notre van avec de nombreux points remarquables :

  • le van,
  • une rivière
  • des chemins
  • un cairn que j’ai construit
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Sous le cairn j’ai caché une deuxième carte qui invite les petites pirates à se rendre sur la plage.

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Première étape, trouver le cairn.

Ce deuxième parcours les fait suivre puis traverser la rivière, chercher les traces d’un ancien feu de camp sur la plage et repérer un alignement de 4 cairns dont un recouvre le trésor !

Deuxième carte P1140372 Les pirates ont laissé des indices P1140382 L'alignement de cairns est repéré !

Il ne reste plus qu’à creuser jusqu’à découvrir la fameuse tête de mort…

Nous touchons au but !
Nous touchons au but !
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Road trip en Ecosse https://oneyearofadventures.com/cycling-south/road-trip-en-ecosse/ https://oneyearofadventures.com/cycling-south/road-trip-en-ecosse/#comments Sat, 13 Aug 2016 12:10:07 +0000 http://oneyearofadventures.com/?p=3015 Road trip en Ecosse L’Ecosse figure en tête de liste des pays dans lesquels nous voulons rouler dans cette deuxième partie d’aventure. En arrivant mi-juin à Plymouth, dans le Sud de l’Angleterre, nous avions discuté de notre idée de parcourir à vélo la « North Coast 500″ avec un couple de cyclistes chez qui nous avions passé...

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Road trip en Ecosse

L’Ecosse figure en tête de liste des pays dans lesquels nous voulons rouler dans cette deuxième partie d’aventure. En arrivant mi-juin à Plymouth, dans le Sud de l’Angleterre, nous avions discuté de notre idée de parcourir à vélo la « North Coast 500″ avec un couple de cyclistes chez qui nous avions passé la nuit. Ce parcours forme une boucle de 500 miles (800km) qui fait le tour de l’Ecosse. Si nous savions (mais n’avions pas encore expérimenté !) que la pluie est une constante, nous n’avions jamais entendu parlé d’un mal au moins aussi grand : les Midges ! Une sorte de petit moustique qui envahit l’Ecosse pendant l’été.

J’ai pris soin après cette discussion de demander systématiquement à toute personne avec qui nous échangions ce qu’il pensait d’aller pédaler en Ecosse et du risque de midges. Le moins qu’on puisse dire c’est que les Anglais sont tous cohérents sur ce sujet :

  1. l’Ecosse est magnifique,
  2. les midges peuvent vraiment vous faire vivre un cauchemar.

L’Ecosse oui mais comment ?

Tout ceci nous a beaucoup fait réfléchir sur le programme à tenir en Ecosse. Notre programme vélo / van a jusqu’ici bien fonctionné. D’abord le tour de Bretagne en un mois, puis un transfert en van pour une semaine dans les Cornouailles, et enfin un nouveau saut motorisé pour un tour de Snowdonia au pays de Galles.

P1130843 P1130845 Dernier réveil à Lake District avant de se mettre en route pour l'Ecosse Lake District au petit matin Château Ecossais P1130893

C’est donc incertains que nous faisons route vers le nord. Nous marquons une pause à Edimbourg et découvrons avec plaisir la ville à vélo. Lorsque nous arrivons à Inversness, la principale ville des Highlands et point de départ de la North Coast 500. Nous faisons à ce moment là le constat suivant :

  • depuis que nous avons commencé à pédaler en Europe, le 10 mai, la météo a globalement toujours été contre nous. Les jours sans pluie se comptent sur les doigts d’une main et la moyenne des températures oscille entre 10 et 16 degrés,
  • nous allons rencontrer des midges qui vont nous obliger à nous enfermer dans la tente lorsque nous ne pédalons pas (le soir et le matin).

Une fois encore il est nécessaire de réfléchir à ce qu’il y a de mieux pour notre unité « famille ». Si les cyclistes que nous sommes sont prêts à relever le défi il nous semble que parcourir les 800km de cette magnifique boucle Ecossaise en vélo risque d’être peu appréciable pour les filles. C’est donc en « Road trip » avec notre van que nous nous élançons le 14 juillet sur la North Coast 500 !

Le mauvais temps nous attaque le moral
Le mauvais temps nous attaque le moral

En route !

Nous prenons la route avec un pincement au coeur de ne pas être sur les vélos mais heureux d’être à l’abris d’une nouvelle averse qui s’abat avec fracas sur le pare-brise. Notre première section de route nous emmène en 3 jours à John o’Groats, le point le plus extrême Nord-Est du Royaume-uni. La route est jolie mais nous nous demandons tout de même si on en fait pas un peu trop avec l’Ecosse. Cependant nous sentons que le meilleur reste à venir en arrivant sous cette latitude qui frôle la pointe Sud du Groenland. (!)

John o’Groats est très connu, entre autre pour être le point de départ (ou d’arrivée) d’un itinéraire cycliste très populaire, le LEJOG : Land’s End – John o’Groats. Nous sommes passé à proximité de Land’s End lors de notre tour à vélo des Cornouailles, il s’agit du point le plus extrême Sud-Ouest de l’île. Nous arrivons en fin d’après-midi et profitons de la sieste des filles pour observer depuis le van un groupe de cycliste se prendre en photo sous la plaque annonçant l’arrivée à cet extrême du pays. Nouveau pincement au coeur.

Les Ecossais ayant la bonne idée d’autoriser officiellement le camping sauvage, nous partons à la recherche d’un bel endroit pour passer la nuit. Un phare se détache à l’horizon. Lorsque nous y arrivons nous découvrons « le spot idéal » : un petit parking, perché en haut de hautes falaises et envahit de moutons que notre van ne semble pas déranger.

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Vue sur John o’Groats

 

Bonne nuit ! Nous sommes quasiment aussi au nord que le sud du Groenland... d'où la température Les montons que rien ne semble déranger. "Vous verrez l'Ecosse c'est magnifique !" C'est l'été !

Nous tirons ensuite plein Ouest. Rapidement les villages se font rares et les panneaux du type « Dernière station essence avant 50 miles » font leur apparition.

Même si nous avançons en van, nous prenons soin de faire des petites étapes, entre 50 et 100km par jour, tout en se réservant la possibilité de sortir les vélos. 2 jours après avoir quitté John o’Groats, la pluie cesse ! Nous sautons sur l’occasion pour repérer sur la carte une boucle de 80km sur une très petite route. Arrivés sur place la veille, nous installons le van dans la forêt et faisons notre première rencontre avec … les midges ! Ils sont peu nombreux mais suffisamment ennuyeux pour nous contraindre à l’isolement dans le van pendant toute la soirée.

Le lendemain matin nous sautons sur nos vélos, heureux de remonter en selle et serein de savoir que même si (quand) la pluie fait son apparition, nous serons au sec dans le van le soir venu !

Into the wild

Nous roulons a très bonne allure, délestés de nos sacoches. La route est très étroite et nous ne croisons presque aucune voiture. Ca y est, nous sommes dans cette Ecosse dont tous le monde parle. Après avoir longé un lac pendant près de quarante kilomètres, nous roulons sur une ligne d’asphalte tracée au milieu de rien. Nous n’en revenons pas, arrêté au milieu de la route nos têtes oscillent de droite à gauche et de gauche à droite, à la recherche d’une trace de vie humaine. Aussi loin que le regard porte, nous échouons à notre petit jeu. Pas une maison, pas une clôture, pas une antenne, pas un homme. J’imagine des traversées à pied de cette immensité qui serait certainement de véritables challenges tant physique que psychologique, le froid, le sol détrempé et l’attaque constante des insectes faisant intégralement parti du décor !

Pendant 40 autres kilomètres nous répéterons cet exercice. L’émerveillement est au rendez-vous de chaque coup de pédale. Au bout d’immenses marécages surgissent des montagnes usées par des millions d’années d’érosion et recouvertes d’une couette verdoyante. L’occasion rêvée d’expliquer aux filles le principe d’érosion par la friction des glaciers qui recouvraient la région lors de l’ère glaciaire.

Pendant cette journée nous nous livrons à un autre type d’expérimentation. Nous évaluons les vitesses des nuisibles de la région. A l’arrêt nous nous faisons attaquer par tout un tas d’insectes. Mais dès lors que nous sommes en mouvement nous les perdons à mesure que nous accélérons. Ainsi, la vitesse de croisière d’un midge ne dépasse pas les 10km/h. Les taons sont cependant plus affutés et arrivent à nous piquer jusqu’à 15km/h !

Sans sacoche, on vole P1140022 Pause déjeuner P1130994 P1140053 P1140060 P1140079 P1140103

Un orchestre de musique classique n’aurait pas fait tâche lors de notre traversée du Nord-Ouest du pays. Les mots sont difficiles à trouver tant les paysages sont incroyables. On touche du doigt quelque chose dont nous n’avons pas l’expérience en France : la nature sauvage et intacte. La seule route sur laquelle nous roulons est minuscule, une seule voie ponctuée de zones de croisements. A chaque virage le paysage change, offrant un nouveau regard sur un géant rocailleux endormi sous son arc-en-ciel de verts, une plage de sable blanc léchée par des vagues turquoises, une vallée où aucun chemin ni route ne se rend ou encore un archipel de lacs déposés ici ou là.

Mais ces paysages ne seraient certainement pas aussi saisissants sans la météo Ecossaise. Les nuages filtrent les rayons du soleil en ne projetant que quelques taches de lumière qui offrent une palette de verts encore plus saisissante. Lorsque la pluie apparait à l’horizon, c’est sous forme d’un lourd rideau gris.

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Tous nos lieux de bivouac ont été merveilleux mais celui que nous avons trouvé sur l’île de Skye remporte de loin la première place. Notre arrivée sur l’île a été gâchée par un ciel bas, mais lorsqu’au détour d’un virage nous trouvons une place où nous arrêter au bord d’une falaise, nous comprenons pourquoi cette île est présentée comme un incontournable de la région.

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Bivouac sur l’île de Skye
P1140442 Bonne nuit !

 

Le Nord-Ouest, paradis des Midges

Un autre soir nous ferons notre première « midges ». Nous nous installons près d’un ancien château, au bord d’un lac. En début de soirée, les midges font leur apparition. Je suis obligé de cuisiner avec mon buff sur la tête en guise de moustiquaire pour éviter de me faire piquer, et ma veste de pluie pour rester au sec. Je laisse à votre imagination la scène du petit coin… Malgré tout nous arrivons à passer une bonne soirée et la nuit fût bonne.

Ecosse, entre pluie et midges mon coeur balance.
Ecosse, entre pluie et midges mon coeur balance.

Alors que nous faisons route vers le Sud pour prendre le ferry qui nous emmènera en Irlande nous nous installons sur un parking discret et au calme pour passer la nuit au milieu de cette immensité qui nous domine depuis quelques jours. Les midges sont une fois de plus présent mais semblent peu nombreux. Le repas se passe bien, les filles s’endorment vite. Une fois le chapitre de mon livre terminé, et avant d’aller me coucher, je sors pour un dernier passage aux toilettes. En une fraction de seconde, je sens mon visage se recouvrir d’un voile qui me pique. Je plonge ma tête entre mes mains pour me débarrasser des parasites et saute dans le van. Charlotte, surprise de me voir rentrer aussi vite, allume le plafonnier : un nuage de midges a eu le temps de prendre possession de l’habitacle !

Plus une seconde à perdre, nous affalons le toit, installons les filles plongées dans un profond sommeil dans leur siège, bouclons nos ceintures et prenons la route. Nous ne savons pas encore où nous voulons aller mais « le plus loin possible » nous semble une excellente destination. Nous roulons fenêtres ouvertes pour chasser ou tuer, peu importe, l’envahisseur. Parfois nous les refermons pour mettre le chauffage au maximum et sécher les plus résistants. Après quelques minutes de ce petit jeu, le calme est revenu dans la voiture. Nous nous rappelons alors d’un parking sur une plage de la côte, 60km plus loin. Il est près de minuit mais peu importe. Nous roulons jusqu’à ce parking, en ville et en plein vent. Là c’est certain, les midges nous laisserons tranquille !

Alors que nous passons un de nos derniers bivouac Ecossais au bord d’un lac à l’approche de Glasgow, je me souviens de ce qu’un cycliste nous avait dit sur l’Ecosse : l’empreinte des paysages dans la mémoire de celui qui traverse reste, les piqures de midges disparaissent… Il avait raison !

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Dernier bivouac nature en Ecosse.
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Certains petits déjeuner ont une saveur particulière.

 

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Dans l’oeil de la tempête https://oneyearofadventures.com/cycling-south/dans-loeil-de-la-tempete/ https://oneyearofadventures.com/cycling-south/dans-loeil-de-la-tempete/#comments Fri, 29 Jul 2016 23:03:08 +0000 http://oneyearofadventures.com/?p=2991 Dans l’oeil de la tempête Près du Loch Ness en Écosse. 16:00 Nous sommes au col et nous avons une vue impressionnante sur toute la vallée. Le parking est plat, c’est là que nous voulons dormir cette nuit ! Le bivouac en pleine nature il n’y a rien de mieux.   Un camping-car, puis un...

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Dans l’oeil de la tempête

Près du Loch Ness en Écosse.

16:00

Nous sommes au col et nous avons une vue impressionnante sur toute la vallée. Le parking est plat, c’est là que nous voulons dormir cette nuit ! Le bivouac en pleine nature il n’y a rien de mieux.
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Un camping-car, puis un autre, se gare à côté de nous puis repart vers la vallée. Il semble que nous soyons les seuls à tenir à dormir sur ce point culminant.

Il est encore trop tôt pour s’installer mais pour une fois nous avons une journée magnifique (réveil sous les rayons du soleil qui passent à travers la moustiquaire de la tente de toit puis soleil d’aplomb qui fait rougir les écossais tous blancs en un clin d’œil) nous voulons en profiter. Cela fait des semaines que nous en rêvons d’une telle journée, pas question de rouler toute la journée enfermés dans le van !

Le mauvais temps nous attaque le moral
Le mauvais temps nous attaque le moral

Nous venons d’arriver au nord de l’Écosse, à Inverness, et attendons une fenêtre météo pour nous remettre en selle. Aujourd’hui il fait grand beau mais les prévisions sont désastreuses pour demain, il doit pleuvoir 20mm sur la journée, avec un risque d’orage important. A croire que toute apparition du soleil se paie…

18:30

Avant le repas, je monte au point de vue avec les filles en courant, nous sommes toutes les trois pleines d’énergie. La vue nous confirme que le spot est idéal pour la nuit, le coucher du soleil va rendre la scène encore plus magique.

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Ce soir nous nous offrons un repas de fêtes, la journée nous a donné du baume au cœur et nous avons voulu marquer le coup en changeant de nos menus habituels : pâtes à la sauce tomate, purée-saucisse, riz ou semoule aux légumes sautés. Ce soir c’est panini saucisse/champignons/fromage grâce à la belle initiative de Liv qui s’est jetée sur les pains à panini au supermarché :-)

20:00

A peine le repas terminé, un superbe combi Volkswagen se gare juste devant nous. Oh non! Il va nous prendre la vue… Ses passagers descendent un appareil photo à la main et se prennent en photo devant leur véhicule avec comme arrière plan la vallée qui s’est remplie de chaleureuses couleurs. Il s’agit d’une petite famille d’Ecossais qui a loué le van pour la semaine. Ils vont redescendre au camping quelques km plus bas nous disant qu’ils ne sont pas assez courageux pour dormir comme ça, sans structure. Courageux? Ils ont dit courageux?… Nous n’avons pas l’impression de faire preuve de courage à dormir dans ce lieu si magnifique, nous nous sentons plutôt chanceux d’être là, et tous seuls en plus…

Le soleil joue à cache-cache avec les nuages et à chaque disparition de ce dernier nous nous enfermons dans le van, car les midges sont de sortie. Nous entendons parler des midges depuis des semaines : c’est l’horreur parait-il, ils attaquent par centaines et on ne peut juste rien y faire. Ces minuscules insectes ne sont visibles que parce qu’ils se déplacent en masse. Ils piquent et laissent un bouton qui démange pendant des jours. Nous avons vu de nombreuses jambes et bras couverts de piqûres et ce n’est pas très beau à voir… Nous sommes à l’Est et ne devrions pas être trop touchés pour le moment mais les occupants du combi ont précipité leur départ du parking car les midges venaient de sortir…

21:00

Le vent souffle et chasse donc les midges. Nous pouvons ouvrir les portes du van pour faire descendre la température car tant que le soleil tape dans les vitres il chauffe notre espace confiné. Nous couchons les filles à l’arrière du van sur leur lit. Le vent forcit un peu et siffle dans les roues de nos vélos qui sont à l’arrière du van. Les fermetures éclairs des fenêtres de la tente cliquettent en suivant les oscillations de la toile.

21:30

Le vent vient de tourner, il est maintenant latéral. La tente de toit commence à danser. Il faut la ranger avant qu’il ne soit trop tard. Nous amorçons la descente du toit, Lilian sort pour s’assurer que la toile est bien rentrée pendant que je tiens la structure par les deux poignées avant. Quand il ouvre la porte, le vent s’engouffre dans le cockpit rendant le maintient du toit quasiment impossible, je lui hurle de vite revenir sinon tout va s’envoler et probablement moi avec. C’est donc à 4 bras que nous tenons le toit avant de le verrouiller avec ses sangles.

 22:00

Les prévisions annonçaient des vents a 20km/h. Comme le soleil se couche nous pensons que le vent peut forcir temporairement avant un retour au calme qui permettra éventuellement de remonter la tente. Dans le pire des cas nous nous préparons à dormir sur les fauteuils avant du van qui, une fois retournés vers l’arrière, nous permettent d’allonger nos jambes. Ce n’est pas idéal mais c’est déjà ça.

22:15

Le vent est toujours aussi fort. La luminosité descend mais le soleil n’est pas tout à fait couché.  Si nous voulons descendre dans la vallée pour dormir c’est maintenant. Le toit est solidement attaché, chercher un terrain de repli maintenant ne nous enchante pas et nous décidons alors de rester où nous sommes.

22:20

Lilian sort faire un tour du van et me hurle : « Le vent soulève la tente par l’arrière. On descend tout de suite ! »

Tess, qui ne dort pas encore se met dans son siège en lâchant « Maman, j’ai peur ! »… et je la comprends. Liv est dans les bras de Morphée, je la dépose dans son siège et les attache toutes les deux. La tension monte mais je m’efforce de rester bien calme pour ne pas me prendre les pieds dans le frein à main ou dans les bagages qui trainent. Je retourne les sièges avant, je mets le contact et Lilian saute sur le fauteuil du copilote. Il fait encore assez jour pour que nous puissions voir où nous allons mais nous n’avons pas beaucoup de temps avant que la nuit ne tombe tout à fait.

Nous passons un premier parking qui ne retient pas mon attention. Dans l’urgence j’en oublie qu’il faut que l’on s’arrête quelque part. Je n’ai qu’une envie : m’éloigner au maximum de ce col venté ! Puis dans un virage, juste à l’orée de la forêt se présente un parking à l’abris du vent et à plat. Rien ne bouge et tout est silencieux, c’est le bon endroit pour s’arrêter.

Nous remettons les filles dans leur lit et remontons la tente qui reste, cette fois ci, tout à fait en place.

Nous s’avons qu’il y aura certainement de l’orage dans la nuit, nous retournons les sièges avant au cas où nous devions redescendre la tente – à nouveau – et dormir en bas.

23:00

Tout le monde dort.

3:00

Le ciel s’illumine totalement avant que le tonnerre se confonde avec le vent. Lilian me réveille : « L’orage arrive on rabat la tente ». Je suis encore dans mon sac à viande quand mes deux pieds touchent le siège conducteur. Le vent siffle dans la vallée, le ciel s’éclaire toutes les secondes.

Hors de question de sortir vérifier si la toile est bien rentrée avant de plier la tente, nous la tirons vers l’intérieur au maximum, l’attachons fermement et nous nous réfugions chacun sur notre siège. En quelques secondes la pluie s’écrase à grosses goutes sur notre pare-brise. Le ciel réagit comme un spot géant dont l’interrupteur est entre les mains d’un enfant qui jouent à « jour/nuit » inlassablement.

Quelques instants plus tard, nous avons le rugissement du tonnerre en plus. Ca y est, nous sommes dans l’œil de l’orage quand, dans un bruit fracassant, nous apercevons des flammes sur l’autre versant de la vallée à quelques dizaines de mètres de nous. Un arbre vient de prendre la foudre et le voilà qui est réduit en poussière. La pluie est de plus en plus forte et claque sur le pare-brise. Nous ne disons rien, essayant de nous rassurer intérieurement comme nous le pouvons. Nous vérifions que les filles sont bien allongées dans leur lit et qu’elles ne touchent pas la partie métallique du van.

Lilian finit par s’endormir, la fatigue a pris le dessus. Il est dans son duvet, sur le siège du copilote. L’intérieur du van est sans dessus-dessous suite au départ en urgence quelques heures auparavant. Je me dis « Ca pourrait être pire » mais après tout je me demande ce que le pire pourrait être… J’oublie la pluie, le toit, le vent, l’orage, les arbres autour (mais assez loin quand même)…

Je me dis à instant que la situation pourrait être encore plus compliquée si quelqu’un venait taper à la porte pour demander un abris. Ce van, que nous avons baptisé Mongolu (qui est un abris de chasse au Cameroun), est notre repère et devoir y faire rentrer un inconnu dans un moment de vulnérabilité comme celui-ci me semblait être insurmontable. Quand j’en ait parlé à Lilian le lendemain il m’avoue avoir pensé à la même chose en s’endormant. :-)

4:30

Je dors sur mon siège, l’extérieur semble être calme et coloré. Je referme l’œil en ayant l’impression d’être dans un rêve. Lilian me réveille : « Il fait jour, c’est calme. Viens on remonte la tente pour dormir correctement« . Nous nous rendormons dans la minute.

9:20

Liv est réveillée et comme à son habitude elle dessine tranquillement le temps que nous ouvrions un œil. C’est une agréable surprise de voir que nous avons dormi si longtemps. Liv demande pourquoi nous ne sommes plus au même endroit que lorsqu’elle s’est endormie. Tess s’empresse de raconter notre « déménagement » en urgence. Puis les parents continuent l’histoire avec l’épisode « Orage » de la nuit pendant lequel elles n’ont pas bougé une oreille.

Une nouvelle journée de pluie et de grisaille se présente nous. Nous allons à la piscine couverte pour avoir une raison ludique d’être mouillés.

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Snowdonia à vélo https://oneyearofadventures.com/cycling-south/snowdonia-pays-de-galles/ https://oneyearofadventures.com/cycling-south/snowdonia-pays-de-galles/#comments Mon, 18 Jul 2016 22:47:33 +0000 http://oneyearofadventures.com/?p=2976 Snowdonia à vélo Pendant les 5h de route qui nous séparent de notre point de départ à Llanberis nous avons joué au chat et la souris avec le soleil et la pluie. Toutes les demies heures, voir tous les quart d’heure nous jonglions entre essuie-glace et lunettes de soleil. Ces changements si rapide de temps...

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Snowdonia à vélo

Pendant les 5h de route qui nous séparent de notre point de départ à Llanberis nous avons joué au chat et la souris avec le soleil et la pluie. Toutes les demies heures, voir tous les quart d’heure nous jonglions entre essuie-glace et lunettes de soleil. Ces changements si rapide de temps commencent à attaquer notre moral.

C’est décidément quand nous sommes privés de quelque chose qui nous semble acquis que nous nous rendons compte de son importance et de sa volatilité… mais où sont passés les jours ensoleillés d’été? Nous ne demandons pas a avoir chaud, nous pouvons nous couvrir mais avons du mal à vivre sans soleil.

Arrivés au camping nous tachons de nous trouver une place sur l’herbe détrempée et finissons par nous embourber en bas d’une colline. Les voisins nous proposent de nous aider à sortir de là, nous aviserons le lendemain matin. Le van a le nez légèrement en avant mais semble plutôt plat. Il n’y a pas de meilleur spot en vue, ça le fera pour la nuit.

Le paysage est magnifique, les montagnes que nous avons devant nous semble annoncer de beaux paysages. Mais les nuages qui les surplombent vont vite, très vite. Les beaux nuages blancs laissent place à un ciel gris chargé d’eau qui ne tardera pas à laisser place à la pluie. Lilian est en train de préparer le repas dehors sous l’averse, les filles jouent sur leur lit à l’arrière du van. La conduite du jour a vraiment attaqué mon moral. Je n’ai aucune envie de me remettre sur les vélos, les rincées que nous nous sommes pris en voiture me refroidissent. Je finis par craquer, je ne sais pas si c’est l’enfermement forcé ou l’appréhension d’être à la merci de la météo qui est le plus difficile. La nuit porte toujours conseille partait-il…

Avant le départ

Dimanche 3 juillet 2016 – Réveillés par le soleil et les oiseaux qui chantent, la journée commence bien. L’air est frais mais il est sec, après un petit déjeuner pris assis sur nos tapis de sol nous sortons le van de son logement et nous installons sur un emplacement plus à plat. Il fait beau et nous allons profiter de cette journée pour faire quelques courses, nous balader dans les sous-bois aux alentours et surtout préparer nos sacoches en les rendant les plus légères possibles en vue du départ le lendemain.

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Avec les rayons de soleil le moral est remonté. Nous préparons un itinéraire grossier que nous validons après un échange avec nos voisins motards qui ont fait le tour du Parc de Snowdonia dans la journée. Nous partons pour 250km sur des petites routes en faisant un 8, il va y avoir du dénivelé est c’est magnifique… pour le moment c’est tout ce que nous savons.

La pluie s’invite dès les premiers coup de pédale

Lundi 4 juillet 2016 – Le van nous attendra au camping sur un terrain goudronné afin d’éviter qu’il ne s’embourbe pendant notre absence. Pas pressés, c’est à 11h que nous quittons le camping. A la sortie du village nous faisons le plein d’essence pour notre réchaud et enfilons notre veste de pluie/coupe vent.

Alors que nous rejoignons une ancienne voie de chemin de fer reconvertie en piste cyclable une pluie très fine commence à tomber. Les tunnels végétaux nous protègent mais au bout de 2h nous sommes complètement trempés et gelés. Il est 13h quand nous sortons de notre route pour entrer dans un petit village dans l’espoir de trouver un abris le temps du pique-nique. Ne trouvant rien, nous nous arrêtons sur une petite place. Les filles restent au chaud dans leur carriole pendant que nous leur faisons passer du pain, du fromage et quelques figolu. Le repas est à l’image de la journée : triste et maussade. Gelés nous remontons en selle dans l’espoir de nous réchauffer. Le terrain est assez plat mais nous n’avons pas le coeur de pousser fort sur les pédales. Le vent fait entrer les goutes dans notre cou, je sens que la pluie ruisselle sur mon torse. Je ne veux pas être ici !!! Je m’efforce à penser à des tas de choses qui rappelent les mauvais côtés de nos chaudes journées en Amérique Centrale où nous avions si chaud mais je n’y parviens pas, je garde de ces moments là que des bons souvenirs. Peut être que nous garderons aussi que des bons souvenirs des jours qui vont suivre… et rien que pour cela ça vaut le coup de continuer à pédaler.

Les barrières et passages à bétail s’enchainent sur cette voie pour vélos qui fait son chemin à travers les pâturages. Les nuages avancent à nouveau très vite au dessus de notre tête et presque sans que nous ne nous apercevions, il ne pleut plus. Le vent sèche nos vestes que nous enlevons dès la première montée. La journée se continue à travers les collines sur des petites routes pratiquées que par des tracteurs. Alors que je tirais la carriole sur la première côte, je n’ai pas fait attention et ma roue arrière est passée sur des herbes qui ont poussées sur le bitume, résultat pas d’accroche, ça patine et j’ai du finir la côte en poussant car c’était trop raide pour redémarrer. Les côtes sont franches mais tant que les deux roues restent sur le goudron ça passe.

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Pendant que notre moral fait le yoyo avec la météo, Liv et Tess font preuve d’une patience impressionnante. Elles restent dans la carriole sans même sortir le bout de leur nez pendant 4h. Leur double capote de pluie leur donne aucune visibilité à l’avant car elle est embuée, elles regardent la pluie tomber par leur fenêtre latérale. Nous les entendons jouer aux « Mayas » toutes les deux et restons très admiratifs de leur capacité à s’occuper.

A l’heure du gouter nous nous arrêtons acheter des muffins pour égayer notre journée. Liv et Tess sautent hors de leur carriole. Quelques minutes ont suffit pour que le temps change du tout au tout. Nous retrouvons Lilian qui, encore à cheval sur son vélo tient le mien d’un bras : il pleut des cordes et il est totalement trempé (déjà ou disons plutôt encore).

Le camping que nous vision est bien là, au bord de la route. Il ressemble à une aire de nationale 7 un peu améliorée car il y a une douche et un café. Après en avoir fait un rapide tour sans être descendus des vélos nous n’osons pas nous regarder avec Lilian… Ca va être superbe de planter la tente dans cette gadoue ! Un vieil homme arrive vers nous et nous dit : « Do you want to sleep somewhere dry? » (Voulez-vous dormir au sec?) Il nous ouvre une vieille grange transformée en refuge de grimpeurs. Il dispose de deux grand planchers superposés sur lesquels il y a des matelas. Il y a des tables et des chaises et de la lumière. Liv nous dit : « Il est super gentil ce monsieur de nous faire dormir chez lui ». Inutile de vous décrire combien nous étions heureux de pouvoir dormir au chaud ce soir là. Après tout ce n’était pas si terrible que cela cette première journée

Au chaud dans le refuge On joue à des jeux

Après la pluie vient le beau temps

Mardi 5 juillet 2016 – Nous avons beau dormi au sec nos affaires n’ont pas séchées, nous partons avec des vestes et des pantalons bien mouillés. La bonne nouvelle de la journée est que les prévisions ne prévoient pas de pluie. Nous commençons à nous en méfier de leur prévisions mais quand elles annoncent une belle journée on veut bien essayer d’y croire. Nous laissons nos pantalons de pluie sur les portes bagages pour qu’ils sèchent et mettons nos vestes de pluie pour se protéger du vent. Oui parce que journée sèche ne veut pas dire journée chaude. Le mercure atteint difficilement les 18°C au plus chaud de la journée.

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Cette deuxième journée nous fait suivre le fleuve qui se jette dans l’atlantique à Barmouth. C’est relativement plat et le paysage est marin. Le plaisir revient doucement. Nous profitons de cette belle journée et avançons de bon coeur. Pour se faire pardonner auprès des filles pour le pique-nique médiocre de la veille, nous nous offrons un Fish&Chips à Barmouth en plein soleil. Une fois de plus, tout est une question de contraste : mis en relief avec le repas de la veille et les pâtes chinoises du soir, le Fish&Chips est un vrai régal.

Depuis plus d’un an, Lilian est en relation avec Tegan Philipps une cyclotouriste Sud Africaine  qui raconte ses aventures par le biais de BD. Nous s’avions qu’elle était dans la région de Snowdonia ces jours ci et prenons contact avec elle pendant notre repas pour lui annoncer que nous sommes sur la place de la librairie. Elle nous répond qu’elle y est aussi et qu’elle arrive d’ici quelques minutes ! Incroyable de rencontrer de façon aussi inattendue une personne dont on suit le blog depuis si longtemps. Tegan est pleine de peps et on sent qu’elle rayonne le bonheur. Nous la quittons en ayant retrouver notre joie de vivre cette aventure tous les 4. Nous sommes à nouveau heureux d’être en selle. Merci Tegan

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Ce soir là nous nous rendons compte que nous ne suivons absolument plus le jour que nous sommes. Nous voulions marquer avec Liv le passage de sa demie année, lui donnant ainsi 5 ans et demi. A cet âge c’est important. Je suis persuadée que nous sommes le 4 et Lilian pense que nous sommes le 3… on essaye de mettre nos pendules à l’heure : bon et bien raté nous sommes le 5. Liv nous répond : « Ca y est, je suis comme Tess, j’ai le et demi » ;-)

Saute-mouton

Mercredi 6 Juillet 2016 – Lilian m’annonce que maintenant on va attaquer les montagnes. On leur a tourné autour depuis 2 jours ça suffit ! Au programme : 45km et 500m de dénivelé.

Nous prenons la demie-heure qu’il faut pour faire sécher notre tente aux rayons du soleil du matin car monter une tente mouillée n’est jamais signe d’une bonne nuit ! Il n’a pas plu cette nuit, mais il y a tellement de rosée qu’on croirait être passé sous un orage… bref on ne va pas refaire la météo c’est comme ça !

Je prends le premier quart en tant que pilote du convoi et je suis les directions que Lilian me donne avec attention. Nous commençons dans un sous bois sur une route forestière qui longe la rivière. L’air est rempli d’odeur de pins, de fleurs et de fraicheur. C’est très agréables et nous nous réjouissons de passer dans cet endroit qui semble si « oublié » de la civilisation. La route monte doucement et l’altimètre de mon compteur confirme que nous montons. Puis au détour d’un pont, nous attaquons une « cote dans la cote ». Lilian a vu sur sa carte que cela allait être raide, il fonce devant, pose son vélo et m’aide en poussant la carriole pendant que j’appuie aussi fort que je peux sur les pédales. Je continue doucement pendant qu’il retourne à son vélo. Nous répétons l’exercice deux ou trois fois. La route redescend toujours un peu pour remonter. La prise d’élan est quasi inutile tellement la carriole a d’inertie mais on essaie quand même toujours un peu de faire tirer la vitesse de la descente vers son maximum pour gratter quelques mètres sur la côte.

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Les montagnes qui se dressent devant nous semblent totalement vierge de toute vie, les murs en pierres se dessinent sur leur flancs et le vert domine tout le panorama. Quelques maisons abandonnées sur cette petite route nous rappelle combien nous sommes loin de l’activité industrielle du Nord du pays de Galles près de la côte.

Je dois amener le convoi à la moitié de l’élévation. Au bout de 15km et après être arrivés à 250m d’altitude, je passe la carriole à Lilian. Souhaitant lui rendre la monnaie de sa pièce, je descends de mon vélo à la première montée et le pousse sur une dizaine de mètres avant de le laisser se faire les jambes tout seul. La route est parsemée de crottins de moutons, j’en est plein les pieds. J’en avais plein la vue avec ces collines verdoyantes qui se reflètent dans les nuages, j’en ai maintenant aussi plein le nez, rendant le voyage encore plus authentique.

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Nous arrivons sur un plateau ou règnent les moutons. La route va se perdre derrière la colline d’en face après être redescendu de quelques dizaines de mètres plus bas. Nous ne faisons que descendre pour remonter, la route nous fait faire un nombre de zig-zag incalculable mais nous sommes émerveillés, enchantés, heureux. Ce que nous avons devant les yeux n’a pas de prix. Nous sommes seuls, complètement seuls dans cet vaste étendu de vert. Ah non, nous ne sommes pas seuls du tout en fait, nous avons autour de nous des milliers de moutons qui donne une image à l’expression « saute mouton ». Nos vélos ne font pas de bruit et, lorsque nous approchons d’eux, ils prennent peur et se mettent à sauter dans tous les sens. Nous avons de la peine pour eux et finissons pas crier pour essayer de les prévenir un peu en avance de notre arrivée.

Sur 3h de route nous n’avons croisé que 3 voitures et avons en fait grimpé 1100m de dénivelé. Notre outil de tracking s’était un peu trompés sur le nombre de descentes et remontées à faire. Une fois au col nous prenons notre pique-nique habituel : pain et fromage dans un vent glacial mais nous sommes tellement fiers de pouvoir pointer du doigt les montagnes derrière lesquelles nous sommes partis quelques heures plus tôt et encore plus impressionnés par la beauté de cette route que nous avons choisie pour son coté isolé. Nous célébrons cet instant en partageant des sucettes que j’avais dans ma sacoches depuis quelques temps.

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La descente est un vrai plaisir, nous avons l’impression de voler à travers les pâturages, les moutons volant aussi avec nous. Certains passages sont tellement raides qu’ils nous donnent la chair de poule. Impossible de savoir si on préfère les descendre ou les monter…

Plus bas, longeant le Lac qui nous amène à Baya, un motard est arrêté sur le bord la route et nous interpelle. Il nous dit qu’il nous a croisé 3 fois ces derniers jours et qu’il n’en revient pas de nous voir aussi bien avancer. C’est un beau compliment, surtout après une telle journée. Il est bien local et on s’accroche un peu pour le comprendre mais il continue à  rebooster ce moral qui avait tant souffert les jours précédant.

La pluie repointe son nez

Jeudi 7 juillet 2016 – Parceque tout était trop beau cela ne pouvait pas durer. La fine pluie qui tombe sur notre tente reste tellement discrète que nous pensons que le short et une petite polaire sont suffisant pour sortir de la tente. Raté ! Quand on pointe le bout du nez dehors il est tout de suite soufflé par une brise qui le couvre d’une pellicule liquide. Nous retournons dans la tente attraper le pantalon de pluie et la veste. Le petit déjeuner se passe dans la tente pour essayer de garder les filles le plus au chaud possible. Nous avalons notre porridge d’avoine chaud, démontons le camp le plus rapidement possible et remontons en selle.

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La brise mouillée n’est pas très froide et quand on a une carriole de 60km en plus de son vélo à tirer sur un terrain montant on a vite chaud, même très chaud. On enlève la veste de pluie qui n’est pas supportable car elle n’est pas assez respirante. Je remonte mon pantalon de pluie pour faire descendre un peu la température de mon corps qui a pris a un coup de chaud dans la première montée de la journée. On grimpe pendant 2h, la pluie est toujours aussi fine mais à force nous sommes bien mouillés et avons vite froid. Nous enfilons alors nos vestes sur nos T-shirts trempés mais peinons à se réchauffer. La pluie s’intensifie et nous sommes dans le brouillard. Nous n’avons quasiment rien vu à plus de 10m devant nous depuis que nous sommes partis de Baya. Nous gardons en tête les magnifiques images de la veille et imaginons combien ce qui nous entoure doit être majestueux mais nous avons froid… Je ne suis pas au bout de mes 20km quand Lilian qui est derrière se rend compte que je peine, je n’arrive pas à me réchauffer. Mes pieds sont gelés, je commence à avoir mal à la cheville, je n’ai pas le moral, je n’avance plus guerre. « Passes moi les filles quand tu veux » me dit-il. Je me suis arrêtée tout de suite, mon esprit a enregistré : passe moi les filles… je ne pouvais plus faire un tour de pédale de plus.

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La suite de la route est encore plus magique. L’eau ruisselle de tous les cotés. Nous passons un pont au dessus duquel nous apercevons la force d’une de ces rivières. L’eau est couleur whisky, elle est puissante, bruyante et belle. Je reste très sensible au bruit de l’eau qui s’amasse et qui finit par jaillir des rochers en cascade. Lilian devant s’arrête dès qu’il en a l’occasion. Le brouillard est très dense lorsque nous rentrons dans un canyon où nous pouvons admirer une cascade en crue dont la chute d’eau se perd dans les nuages. La route est très sinueuse et elle nous rappelle combien il faut rester prudent à chaque instant. Nos esprits s’amusent à essayer de reconstituer le paysage qui nous entoure.

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Le froid est toujours là et il faut absolument que nous trouvions un abris pour manger et nous « sécher ». Nous nous réfugions sous le porche d’un bâtiment au milieu des containers de poubelle. Le grand luxe compte tenu du temps ! Nous enfilons une couche supplémentaire, dégustons notre superbe pique-nique, sautons quelques minutes sur place  pour nous réchauffer et c’est reparti !

Faisant un 8 dans le parc nous allons repasser quasiment au même endroit où nous étions quelques jours auparavant. Il s’avère que le centre du 8 est situé sur le refuge de grimpeurs qui nous accueillis 3 nuit plus tôt. Il n’y a pas de doute, c’est là que nous visons de dormir ce soir, inutile de rouler plus aujourd’hui.

Dernière ligne pas très droite

Vendredi 8 Juillet 2016 – Nous sommes en finale de l’Euro ! Ce sont les grimpeurs avec qui nous avons partagés le refuge qui nous donne l’info : peu fatigués par leur journée de grimpe qui est tombée à l’eau, ils sont allés terminer leur soirée au pub et ont vu le match. Nous n’arrivons pas à comprendre comment il est possible de faire de l’escalade dans le coin compte tenu de la météo, mais une fois de plus nous sommes mal habitués avec notre sud-est français…

Dernière « ligne droite » pour retrouver le van et finir ce beau 8 !

Nous rentrons à nouveau dans les montagnes en commençant par la traversée de sous bois. L’eau est partout, toute la végétation dégorge les litres d’eau reçues pendant les dernières 24h. Quand la route monte l’eau dévale en torrent à quelques cm de nos roues, dans la descente nous faisons la course avec les feuilles ou les brindilles emportées par le courant. L’atmosphère qui règne autour de nous est particulière. Nous nous sentons si petit face à autant d’eau en mouvement. La cascade qui coule dangereusement tout près d’une maison au bord de la route nous rappelle combien la nature peut reprendre ses droits en un clin d’oeil. Le niveau d’eau des lacs flirte avec le bas côté de la route, il n’en faudrait pas beaucoup pour que nous soyons tout à fait dans l’eau.  Le ciel est toujours bien chargé en nuages mais nous commençons à apprécier la luminosité que ces derniers donnent au paysage. Les reliefs sont bien plus marqués et le panorama est encore plus agréable.

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Nous devons monter à un col pour redescendre directement sur Llanberis, la journée est courte, nous n’avons que 30km et 500m de dénivelé. La route est magique, elle est peu fréquentée par les voitures et monte en pente douce tout le long. Nous sommes sur le flanc droit de la montagne et voyons le col qui se trouve tout à fait à gauche, nous suivons des yeux les voitures qui y arrivent pour estimer le nombre de zig zag que la route va nous faire faire. Au dessus de nos têtes domine le sommet du Parc. Coincé dans les nuages il n’en reste pas moins impressionnant.

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Je pense que nos yeux brillent de plaisir quand nous nous arrêtons au point de vue pour prendre le temps de nous imprégner de toute cette verdure. Une dame vient vers nous pour partager avec nous ses souvenirs de voyages à vélo qu’elle a pu faire avec ses enfants et son mari il y a quelques dizaines d’années. Nos regards fixent des yeux deux cyclistes dont la largueur des montures ne laisse pas de doute : « Ceux sont des voyageurs ! »  lancent les filles. Quelle surprise de découvrir qu’il s’agit de Tegan et d’un ami à elle. Incroyable de la retrouver ainsi sur cette route. Ils prévoient de grimper au sommet qui nous surplombe cet après-midi. Nous roulons tous ensemble en direction du col. Dans ces moments là, on se sent souvent pousser des ailes et nous avançons bon train jusqu’au point culminant de notre journée.

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Après une série d’embrassades, nous les laissons à leur aventures qui sont loin d’être dans notre registre en ce moment. La descente est un pur moment de bonheur. La route est magnifique. La rivière que nous suivons donne à l’endroit une certaine sérénité. Nous nous enfonçons dans une nouvelle vallée. Nos coeurs battent fort, la route est raide et nos vélos dévalent la pente à toute allure. Nous avons à peine le temps de nous refroidir que nous sommes déjà en bas. Llanberis nous accueille sous un grand soleil qui nous réchauffe. Nous nous installons à la terrasse d’un snack pour fêter dignement ce beau tour de Snowdonia. Ces quelques rayons de soleil nous permettent de faire sécher chaussures, chaussettes et tente le temps du repas. Les voyageurs savent ce que c’est et passent en souriant, les autres se demandent ce que nous faisons. Quoi qu’il arrive, nous gardons le sourire !

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Au chaud dans le refuge On joue à des jeux P1130662 P1130666 P1130726 P1130707 P1130691 P1130673 P1130669 P1130736 P1130752 P1130758 P1130760 P1130763 P1130767 P1130769 P1130775 P1130784 P1130793 P1130796 P1130803 P1130805 P1130810 P1130811 P1130814 P1130817 P1130819 P1130824 P1130840 IMG_1872 IMG_1884 IMG_8687 IMG_8708

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